La Suisse renforce la défense de ses langues «minoritaires». Après le nouvel article constitutionnel et la loi pour la sauvegarde de l'italien et du romanche, la Charte européenne des langues minoritaires entrera en vigueur en Suisse le 1er avril. Cet «acharnement» s'inscrit dans un contexte de rapprochement avec l'Europe. Ratifiée par le Conseil fédéral le 23 décembre dernier, la Charte européenne des langues minoritaires et régionales est destinée à empêcher le déclin des langues menacées d'extinction. Elle doit aussi contribuer à les développer en promouvant leur usage sous forme écrite et orale. En Suisse, cette charte touche l'italien et le romanche. Elle concerne en particulier l'emploi des langues dans l'enseignement, la justice, l'administration, les médias ou la vie économique et sociale.

Les objectifs et les principes de la charte sont déjà largement couverts par le nouvel article constitutionnel sur les langues et par les dispositions légales qui en découlent pour l'encouragement du romanche et de l'italien. De plus, une loi sur la sauvegarde et la promotion des langues et des cultures romanches et italiennes est en vigueur depuis le 1er août 1996. Ce texte prévoit notamment que la Confédération peut soutenir la presse romanche et l'édition en Suisse rhéto-romane et au Tessin.

La ratification de la charte européenne n'entraînera donc pas d'obligation nouvelle. Dès lors, pourquoi signer ce texte? «Il s'agit de promouvoir au plan international les traditions suisses en matière de respect des minorités linguistiques», explique Constantin Pitsch, chef de service à l'Office fédéral de la culture. Et, d'un point de vue plus général, de poursuivre la volonté manifestée par Berne de se rapprocher de l'Europe. Au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), René Pasche estime que le fait d'avoir ratifié la charte constitue une sorte de «garantie»: la Confédération se lie et ne peut plus «si facilement revenir sur ses engagements».

ATS