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Martin Landolt, président du PBD.
© GEORGIOS KEFALAS / Keystone

élections cantonales

L’année cruciale du PBD

A un mois des élections bernoises, le PBD s’interroge sur son avenir. A terme, il ne pourra pas écarter la question d’une fusion

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. Depuis la retraite politique de son icône Eveline Widmer-Schlumpf, le Parti bourgeois-démocratique (PBD) a nettement perdu de son influence politique sur le plan national. Il va désormais au-devant d’une année cruciale, jouant son avenir dans deux de ses grands cantons fondateurs, à savoir Berne le 25 mars et les Grisons en juin prochain.

Le PBD est issu de la dissidence des modérés de l’UDC, qui a exclu en 2008 toute la section grisonne d’Eveline Widmer-Schlumpf après l’éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral. Après une première campagne fédérale réussie, la nouvelle formation a vu sa part électorale fondre à 4,1% en 2015.

Hommes évincés, femmes réélues

«Beaucoup de médias ont déjà prédit notre mort, mais je constate que le parti est bien vivant, en tout cas dans mon canton», sourit l’ex-conseiller fédéral bernois Samuel Schmid. Pourtant, les dernières élections bernoises, celles de 2014, ont laissé présager le pire. Le PBD y avait chuté de 16 à 11% en part électorale, perdant 11 sièges au Grand Conseil. Un fait rassurant pourtant: cette hécatombe n’avait touché que des hommes, pas une seule femme!

C’est peut-être un hasard, mais pas forcément. «Auparavant, nous étions perçus comme la version raisonnable de l’UDC. Aujourd’hui, nous sommes une force progressiste du centre», souligne le président national du PBD, Martin Landolt. Le parti ne s’est pas seulement distancié de l’UDC, il se situe parfois franchement aux antipodes de celle-ci, si l’on en croit l’ADN qu’il s’est donné. Ainsi, «la défense de la souveraineté passe non pas par l’isolement et le repli sur soi, mais par la solidarité et l’ouverture au monde».

Sur des thèmes très concrets, il approuve la conclusion d’un accord institutionnel avec l’UE, applaudit une sortie du nucléaire «ordonnée», soutient toutes les formes de famille «sans discrimination» et se bat pour plus de transparence dans le financement des campagnes politiques.

Le parti des solutions pragmatiques

Dès lors, Martin Landolt compte beaucoup sur Berne pour redonner des couleurs au parti. Il est vrai que les augures ne sont pas aussi mauvais qu’on pourrait le croire à première vue. D’abord, le PBD a conservé sa locomotive, sa grande argentière Beatrice Simon, qui avait été la mieux élue des membres du Conseil-exécutif il y a quatre ans. Ensuite, le PBD n’a cette année pas commis l’erreur de partir seul au combat. Il a conclu des apparentements avec le Parti évangélique, les Vert’libéraux et même le PLR dans les cercles électoraux de Thoune et du Seeland.

«Nous nous sommes profilés comme le parti des solutions pragmatiques», note Anita Luginbühl, la cheffe de groupe du PBD bernois. «Nous sommes un parti de centre droit», ajoute-t-elle. A droite lorsqu’il a accepté la révision de la loi sur l’aide sociale en abaissant le montant du forfait d’entretien, mais en adoucissant la baisse de 10% à 8%. Au centre lorsqu’il s’est profilé en faveur de la fermeture de la centrale nucléaire de Mühleberg. Dans le délicat dossier financier, il se veut raisonnable: «Alors que le PLR veut à tout prix une baisse d’impôts, nous sommes prêts à entrer en matière, mais à condition que cela ne nous oblige pas à un nouvel exercice d’austérité», précise Anita Luginbühl.

Si le PBD devrait plus ou moins maintenir ses positions dans ses cantons fondateurs, le fait est qu’il ne progresse plus. Et en Suisse romande, il n’a jamais réussi à décrocher le moindre mandat dans un Grand Conseil. «Il nous a manqué de fortes personnalités capables de tirer le parti comme ce fut le cas à Berne et dans les Grisons», regrette l’ancien président du PBD vaudois Eric Schürch. Difficile de composer une liste électorale homogène avec d’une part des anciens dissidents de l’UDC et d’autre part des gens n’ayant jamais fait de politique. En 2015, Christine Bussat, la fondatrice du mouvement Marche blanche, qui lutte contre la pédophilie, n’avait aucune chance d’être élue.

Les Vert’libéraux, «les plus proches du PBD»

Après le départ d’Eveline Widmer-Schlumpf, le PBD peine à trouver un second souffle. En Suisse alémanique, il a perdu un quart de ses sièges dans les parlements cantonaux par rapport à son époque la plus glorieuse. A terme, il devra forcément se poser la question d’un partenariat, voire d’une «fusion». Sous la coupole fédérale, ce mot est désormais tabou au PBD: la blessure de l’échec de l’alliance avec le PDC en 2014 n’est pas encore cicatrisée.

En Suisse romande, on en discute plus ouvertement. «Nous avons déjà appelé le centre à se réunir alors que le PLR et l’UDC glissent toujours plus à droite», relève le vice-président du PBD national, Thierry Vidonne. Eric Schürch se fait plus précis: «Le parti qui est le plus proche de nos valeurs, ce sont les Vert’libéraux.»

Un tel mariage n’est pas encore pour demain. Dans l’immédiat, une seule chose paraît certaine. Les ex-époux UDC ne se réconcilieront jamais, comme certains en avaient formulé l’hypothèse au lendemain de la séparation. «Je ne connais personne au PBD qui ait regretté d’avoir quitté l’UDC», confie l’ex-conseiller fédéral Samuel Schmid.

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