La polémique enfle sur l’activisme des milieux d’extrême droite en Suisse. Après le concert ayant réuni près de 5000 fans de rock néonazi à Unterwasser (SG), une «Conférence sur le Nationalisme» devrait se tenir en Suisse romande, dans «la région lausannoise», selon l’édition du «Blick» du jour.

Le prospectus annonçant la manifestation, dont «Le Temps» a consulté un exemplaire, ne précise pas le lieu exact, comme le veut la tradition dans ces milieux. Les détails suivent généralement le jour de la manifestation seulement. La section romande du Parti nationaliste suisse (PNOS) dirigé par le Vaudois Philippe Brennenstuhl est à l’origine de cette conférence.

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Le fascisme, «source d’action» de l’un des orateurs

Si les milieux nationalistes suisses d’ordinaire insignifiants se réjouissent de la nouvelle lumière médiatique dont ils font l’objet depuis quelques semaines, l’affiche de cette «conférence sur le nationalisme» interpelle tout de même. L’un des orateurs, Sébastien de Boëldieu, aussi connu comme Sébastien Magnificat, milite au sein de l’organisation italienne CasaPound. Sa principale source d’action est l’expérience fasciste, affirme-t-il dans une interview.

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L’autre orateur invité, Daniel Conversano, se dit «écrivain de gauche nationaliste». Selon l’Obs, il utiliserait une plateforme russe de vidéos RuTube, plus tolérante envers les contenus d’extrême droite que YouTube, pour y poster des vidéos racistes. Daniel Conversano, sur Facebook, indique que sa «mission est de faire découvrir aux francophones tous les types de militantisme blanc et nationaliste de par le monde.» Troisième orateur annoncé sur le prospectus, Philippe Brennenstuhl, responsable de la section romande du PNOS, a lui-même été condamné en 2002 à trois mois de prison pour discrimination raciale. Le groupe lyonnais de rock identitaire Frakass, annoncé en fin de séance le 5 novembre, créé lui aussi régulièrement la polémique.

Autorités au courant

La possible tenue de l’événement n’a pas échappé aux autorités cantonales. Déléguée à la communication du département vaudois de la Sécurité, Laurence Jobin indique que la «police cantonale vaudoise est au courant de la possible organisation de cette manifestation et analyse la situation avec le Service de renseignement de la Confédération (SRC) et les polices des cantons voisins. Nous ne pouvons pas donner d’autres détails à ce stade pour des raisons de sécurité et de maintien de l’ordre public».

La retenue des autorités cantonales s’explique par le fait que ce sont d’ordinaire les communes qui délivrent les autorisations pour ce type de manifestations auxquelles elles ne souhaitent par ailleurs pas faire trop de publicité. Si l’événement peut être localisé, la police cantonale ou la municipalité conseillent en général au propriétaire de la salle de refuser sa location.