Sécurité

L’anxiété sécuritaire diminue à Genève

Un nouveau sondage montre que la population est moins inquiète face au crime et apprécie davantage encore sa police. Le logement et l’économie arrivent désormais en tête des préoccupations

La peur du crime a baissé au sein de la population genevoise. A la question «Vous sentez-vous en sécurité en sortant seul le soir vers 22h00?» ils ne sont plus que 34,2% des sondés à répondre par la négative. C’est plus qu’en 2007, mais c’est beaucoup moins qu’en 2013 où près de 50% des personnes craignaient la rue.

Ce nouveau diagnostic local, qui mesure l’anxiété liée aux délits et aux incivilités, révèle aussi que seuls 14,1% des citoyens placent désormais la sécurité en tête des problèmes. Le logement et l’économie arrivent loin devant. Quant à la menace terroriste, celle-ci ne semble pas (encore) affecter la quiétude plus ou moins retrouvée des 4852 personnes ayant répondu à l’interview policière. Tout en précisant que cette question n’a pas été spécifiquement abordée.

Le profil des plus inquiets

La commandante de la police, Monica Bonfanti, peut souffler. La chute continue du taux d’infractions par habitant se répercute enfin sur le sentiment d’insécurité des résidents, qui est mesuré tous les trois ans et qui résistait encore à l’amélioration objective de la situation. Les résultats de la cinquième édition ont été présentés ce mardi à la presse avec un coup de projecteur sur certaines grandes communes comme Vernier, Meyrin et nouvellement Carouge et Plan-les-Ouates.

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Si le pouls est moins fébrile, le profil des plus inquiets reste le même: les femmes, les personnes âgées, les personnes disposant de faibles revenus, celles qui sont convaincues que les étrangers sont un danger pour la sécurité et qui se positionnent plutôt à droite de l’échiquier politique. Il y a encore les gens qui ont vécu une agression ou qui constatent des problèmes de drogue dans leur quartier. La confrontation au deal ou à la consommation de stupéfiants continue d’être un facteur très dérangeant. De même que les bagarres ou les abandons d’objets et autres saletés.

La police est plus appréciée

A la grande satisfaction de Monica Bonfanti, l’image de la police s’améliore encore. Pratiquement 70% des sondés pensent que celle-ci fait un assez bon ou un très bon travail. Cette appréciation ne dépend pas tant des succès en matière de lutte contre la criminalité que de l’impression d’équité qui se dégage de son action. Plus les gens pensent que la police traite tout le monde de la même manière, plus elle est aimée. De quoi conforter le ministre de la Sécurité, Pierre Maudet, dans son souci d’avoir, dira-t-il, «une police respectée et investie». Il y a enfin un regain d’intérêt pour l’intervention rapide, et la présence visible est toujours privilégiée.

Pas de tableau sans ombres. Les points noirs concernent surtout la cohésion dans le quartier et le contrôle social en matière d’incivilités. Dans ce domaine, la Ville de Genève est la plus mal lotie. Environ la moitié des sondés pensent que leurs voisins n’interviendraient pas si des ados venaient à manquer de respect envers un adulte. Mais rien n’est perdu. La qualité de vie est jugée bonne par 76% des répondants. Les avis sont très positifs dans la campagne (94,4%), moins en ville (72,6%). Vernier arrive en queue de peloton avec un petit 70,7%.

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