«C'est non.» La réponse la plus directe vient de BNP Paribas. La première banque étrangère en Suisse, par le bénéfice, ne souhaite pas participer au projet d'investissement esquissé jeudi par les cantons de Vaud et Genève afin de décongestionner les infrastructures de transport de l'Arc lémanique. «Tout cela relève de la compétence publique», justifie l'établissement d'origine française établi à Genève.

Nestlé ne se montre guère plus enthousiaste. «Les grandes infrastructures de transport relèvent essentiellement de l'Etat», pose en préambule le porte-parole du numéro un mondial de la nutrition. Malgré tout, Nestlé ne vit pas coupé de la région et se déclare «prêt à examiner tout ce qui pourrait lui être proposé».

Credit Suisse plus ouvert

Credit Suisse, en revanche, fait un meilleur accueil à l'initiative politique. «De façon générale, [le numéro deux bancaire suisse] est ouvert aux partenariats public- privé pour financer de grands projets d'infrastructures, ceci pour autant que les conditions soient conformes à celles du marché», explique-t-on à son siège romand. Credit Suisse ajoute même étudier «volontiers» les projets qui lui sont soumis.

Procter & Gamble, dont la porte-parole assistait au Forum des 100, salue toute «initiative visant à promouvoir la mobilité douce». Le fabricant des couches Pampers et des lames Gillette n'indique toutefois pas s'il mettra la main au pot.

Claudine Amstein, directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie, fait d'abord part de sa satisfaction. Vaud et Genève se sont «enfin mis d'accord pour définir des priorités et des projets communs en termes d'infrastructures». Sur le principe, elle est «ouverte au partenariat public privé» (PPP).

Cependant, la libérale souligne que le projet actuel reste «trop vague pour demander déjà aux entreprises de contribuer au fonds d'infrastructures. Il faut d'abord définir à quoi il va servir et planifier des projets concrets.» Pour elle, l'infrastructure autoroutière est tout aussi importante que la 3e voie CFF entre Lausanne et Genève. Cependant «ce n'est pas sur ce dossier ferroviaire qu'il y a matière à PPP».