Votations

L'approbation des initiatives agricoles est en chute libre

D’après le deuxième sondage réalisé pour la SSR, les deux initiatives ont perdu 25% d’opinions favorables et pourraient être refusées le 23 septembre

A deux semaines des votations, l’opinion publique se montre nettement plus sceptique envers les sujets proposés que lors du premier sondage SSR du 8 août. En effet, si le peuple s’était exprimé ce jour-là, l’initiative pour des aliments équitables aurait été acceptée à 78%, tandis que celle sur la souveraineté alimentaire serait passée à 75%. Le 2 septembre, date de la deuxième enquête, ces mêmes propositions n’obtenaient plus que 53% et 49% d’opinions favorables. La participation, elle, est en hausse de 3%. Quant au contre-projet sur les voies cyclables, la tendance au oui se confirme: près de 69% contre 64% avant la rentrée.

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Ainsi, les deux projets agricoles ont perdu près de 25% de soutien. Etant donné la tendance qui se dessine, l’institut gfs.bern, auteur de cette prise de température, s’attend à ce que les deux initiatives soient rejetées par le peuple le 23 septembre. Effectué auprès d’un échantillon de 1400 personnes, le sondage tient compte de la taille des régions linguistiques. Il accuse une marge d’erreur de plus ou moins 2,7%.

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Le nerf de la guerre demeure décisif

Le changement d’intentions de vote est caractéristique des campagnes électorales. D’ordinaire, la propension au rejet d’une initiative augmente tandis que son approbation diminue. En effet, le premier sondage est en général effectué avant ou au début de la bataille électorale, tandis que le deuxième est mené alors qu’elle bat son plein. Durant cette période, les positions se modifient.

L’un des effets de la campagne est qu’une majorité des gens (56%) affinent leur jugement, auparavant plutôt émotionnel, en le justifiant par des arguments. Dans ce cas, on constate que les positions des opposants aux deux initiatives se sont largement imposées au cours des dernières semaines.

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C’est entre autres l’argument du porte-monnaie qui est décisif: une majorité des Suisses craignent que les deux initiatives ne mènent à une hausse de prix des denrées alimentaires. D’autres arguments, propres à chaque initiative, comme le conflit avec les partenaires commerciaux, dans le cas de l’alimentation équitable, et la liberté du consommateur, pour la souveraineté alimentaire, trouvent également une large approbation (respectivement 68% et 78% d’opinions favorables).

Fortes disparités linguistiques

Le plus impressionnant est sans aucun doute la forte disparité linguistique qui caractérise les résultats. En effet, la Suisse romande reste fortement en faveur des initiatives: 71% pour les aliments équitables et 67% pour la souveraineté alimentaire. L’approbation a baissé de près de 20% mais reste solidement ancrée. En Suisse allemande, la chute a été de 30% et le camp du non mène la danse, avec seulement 48% et 44% de oui. Enfin, les Tessinois se sont montrés dès le départ circonspects: s’ils n’approuvaient que par 58% les deux initiatives en août, ils rejettent à présent légèrement la première (49%) et approuvent timidement la seconde (52%).

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