Les cantons peuvent dès vendredi bloquer les ouvertures de nouveaux cabinets médicaux. Il s’agit d’une mesure urgente, pour une durée de trois ans. Les cantons de Vaud et de Genève l’attendaient avec impatience car ils ont reçu depuis début 2012 et la fin du précédent moratoire une avalanche de demandes d’installation. Exemple à Genève qui totalise plus de 850 demandes toutes spécialités confondues depuis début 2012.

Mais si le gel qui s’applique dès maintenant est en quelque sorte une répétition de l’histoire, ce n’est aussi qu’un premier pas. Avant la fin de l’année, le conseiller fédéral Alain Berset doit présenter une loi qui offre une solution durable et globale, permettant d’éviter autant les excès dans certaines régions que les pénuries dans d’autres.

De leur côté, les cantons romands viennent de créer un groupe de travail chargé d’étudier l’idée d’une plateforme commune. «Nous ne voulons pas que des médecins restent bloqués sur une liste d’attente dans un canton alors que d’autres régions en cherchent, indique Jacques-André Romand, médecin cantonal à Genève. L’idée est de regrouper toutes les informations. Nous en sommes au stade où nous explorons des pistes mais on imagine qu’outre les cantons et les associations de médecins, les communes y participent et indiquent par exemple si elles mettent une infrastructure à disposition ou soutiennent d’une manière ou d’une autre l’installation d’un spécialiste dont elles ont besoin.»

Résistances à droite?

Mais cette solution ne serait praticable que dans le cadre d’une nouvelle loi. «Lors du précédent moratoire, nous avons essayé d’indiquer aux médecins où ils pourraient éventuellement s’installer. Mais ça ne fonctionnait pas. Les médecins préféraient attendre la fin du moratoire, qui avait également été fixé pour une durée de trois ans», explique Jacques-André Romand. Pour que la plateforme puisse donner des résultats, le médecin cantonal genevois n’a besoin que d’un article de loi, lequel devrait stipuler que «les cantons ont le droit de réguler l’installation des médecins».

La droite fera probablement de la résistance. Ce printemps déjà, le Conseil des Etats a retardé l’introduction d’un nouveau gel. «Le projet a finalement été accepté parce qu’il est limité dans le temps», analyse la socialiste genevoise Liliane Maury Pasquier, qui prévoit déjà que le combat sera encore plus difficile dans trois ans.