Avions de combat

L’armée dépensera 800 millions pour faire le joint aérien

Dans un premier temps, les F/A-18 et les F-5 Tiger seront adaptés pour continuer à voler quelques années. Quant au nouvel appareil, il sera choisi en 2020

Les F-5 Tiger n’iront pas tous au rebut en 2018 comme prévu. Dans l’attente de l’achat de leur successeur, processus qui prendra encore plusieurs années, ils continueront de rendre quelques menus services. C’est ce qu’annonce le conseiller fédéral Guy Parmelin lundi, qui s’appuie sur le rapport intermédiaire du groupe d’experts constitué à la suite du refus populaire d’acheter des Gripen suédois en 2014.

Guy Parmelin annonce que le choix d'un nouvel avion de combat sera en principe fait en 2020, mais les options sont limitées: la partie se jouera a priori entre le F-35 américain, le Gripen dans sa nouvelle version E, voire des avions du genre Eurofighter loués ou, si la France le propose, le Rafale. Le groupe d’experts mandaté pour préparer le terrain livrera ses conclusions au printemps 2017. Une première tranche d’appareils figurera dans le programme d’armement 2022 et une seconde tranche cinq ans plus tard. Les premières livraisons sont prévues dès 2025.

Cela signifie que l’armée suisse va devoir se contenter pendant encore quelques années des F/A-18, dont elle possède encore 30 des 34 unités achetées dans les années 90, et des vieux F-5 Tiger, acquis entre 1976 et 1981. Dans l’immédiat, Guy Parmelin compte demander un crédit global de 10 millions pour l’étude de projets, essais et préparatifs d’achats (EEP, dans le jargon militaire) en prévision de l’acquisition de leur remplaçant. Cette somme sera incluse dans le message sur l’armée 2017, annonce-t-il dans le rapport intermédiaire.

Pas de drones ou d’avions sans pilote

En parallèle, il compte examiner la prolongation de la durée de vie des 30 F/A-18 restants. L’objectif est de leur permettre d’atteindre 6000 heures de vol, soit 1000 de plus que prévu. Les mesures de rééquipement envisagées sont estimées à 490 millions au maximum.

Enfin, il étudie aussi le maintien partiel de la flotte des F-5 Tiger au-delà de la fin de l'année, date initialement prévue pour leur mise au rebut. L’armée en possède 53 exemplaires, dont 31 sont toujours en service. Il envisage d’en conserver 26 pour un coût de 30 millions par année et cela jusqu'en 2025, soit environ 300 millions. Malgré leurs possibilités d’engagement limitées, ces appareils peuvent encore rendre service jusqu’à ce que le futur avion qui les remplacera soit opérationnel, juge le groupe d’experts. Ils ne sont plus en état d’assurer les tâches de police aérienne, mais on leur confiera des missions secondaires telles que le rôle de cibles ou d’agresseurs dans des entraînements de combat, des vols d’essais ou des missions de surveillance de la radioactivité de l’air. Cela permettra de concentrer l’utilisation des F/A-18 sur des tâches plus essentielles.

Ces trois mesures sont jugées urgentes. Celles qui concernent les F/A-18 et les F-5 seront insérées dans le message sur l’armée 2018. Le rapport intermédiaire exclut de remplacer les anciens jets de combat par des appareils sans pilote ou des drones.

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