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Le Conseil fédéral veut rééquiper les F/A-18.
© SIGI TISCHLER

Défense nationale

L'armée ne recevra pas 5 milliards avant 2021

Pour des raisons budgétaires, le Conseil fédéral reporte au-delà de 2020 le relèvement du plafond de dépenses à 5 milliards

Malgré les injonctions du Conseil national et de la Commission de politique de sécurité du Conseil des Etats, le Conseil fédéral ne relève pas le plafond de dépenses de l’armée à 5 milliards pour l’instant. La situation des finances fédérales ne le permet pas, argumente-t-il dans son message sur l’armée 2016, publié jeudi.

«Le Conseil fédéral ne conteste pas le relèvement de l’enveloppe budgétaire de l’armée à 5 milliards comme objectif à long terme. Il considère cependant que ce n’est pas conciliable avec les économies demandées dans le programme de stabilisation 2017-2019 qu’il a approuvé en novembre», argumente le ministre de la Défense, Guy Parmelin. La défense nationale doit apporter sa contribution comme les autres domaines.

Ce programme d'économies répond à une demande du parlement, tout comme le relèvement de l'enveloppe de l'armée à 5 milliards. «Ces exigences sont contradictoires. Il faudra faire des arbitrages», fait remarquer Guy Parmelin. Or, c'est son propre parti, appuyé par d'autres élus de droite, qui a formulé ces deux demandes.

C’est pour cela que le Conseil fédéral propose une enveloppe financière quadriennale de 18,8 milliards de francs, qui correspond à une moyenne annuelle de 4,7 milliards, au lieu des 20 milliards réclamés par la droite du parlement. La somme sera cependant évolutive. Elle s’élève à 4,443 milliards cette année, puis sera portée à 4,5 milliards en 2017, à 4,6 en 2018, à 4,7 en 2019 puis à 4,8 en 2020, une réserve de 200 millions étant prévue dans le crédit pluriannuel.

Moderniser les F/A-18

C’est la première fois que la défense nationale est mise au bénéfice d’un crédit quadriennal, comme l’agriculture et le domaine formation-recherche. L’enveloppe budgétaire couvre les besoins annuels de la défense, les programmes d’armement ainsi que les projets immobiliers.

Le programme d’armement 2016 comprend six crédits représentant un total de 1,341 milliard. C’est plus que les dernières tranches annuelles, qui oscillaient entre 500 et 700 millions, notamment parce que le Conseil fédéral s’était accordé une marge afin de financer l’acquisition des avions de combat Gripen. La population ayant refusé cet achat, l’argent prévu pour l’appareil suédois n’a pas été dépensé.

A cause de cette décision prise en 2014, la capacité d'engagement dans le service de police aérienne des F/A-18 doit être adaptée. Cela a aussi un coût. Ainsi, le programme d’armement 2016 prévoit une première étape de remplacement de pièces détachées pour 127 millions, une seconde, de 560 millions, étant planifiée pour 2018. Les autres éléments du programme d’armement 2016 sont la modernisation du système de surveillance de l’espace aérien Florako (91 millions), le remplacement de canots-patrouilleurs (49 millions), de nouvelles batteries de mortiers (404 millions), des armes polyvalentes à épauler (256 millions) ainsi que des camions et des remorques (314 millions).

Sans référendum?

Le remplacement des vieux Tiger F5 refait par ailleurs surface. Guy Parmelin a annoncé mercredi qu’il allait lancer les travaux préparatoires pour compenser le refus du Gripen. Un groupe d’experts est mis sur pied et un crédit d’études de projets, d’essais et de préparatifs d’achat sera soumis au parlement en 2017. Ces prochaines semaines, le ministre de la Défense réunira des représentants de chaque parti gouvernemental pour accompagner la démarche.

Lire aussi:  Guy Parmelin relance l'achat de nouveaux avions de combat

L’objectif est de choisir le type d’appareil en 2020 et de soumettre le crédit d’acquisition au parlement en 2022. Cela se fera-t-il par le biais des programmes d'armement ordinaires, qui ne sont pas soumis au référendum facultatif, ou par un fonds spécial ancré dans une loi qui peut être soumise au vote populaire? «Je n'ai pas encore de position claire à ce sujet. J'attends de voir comment le groupe d'accompagnement politique se déterminera», répond Guy Parmelin.

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