Le calcul, canton par canton, des conséquences des coupes annoncées lundi par le conseiller fédéral Samuel Schmid et le chef de l'armée, le commandant de corps Christophe Keckeis, s'est avéré très compliqué. Le Département de la défense a publié sur Internet des tableaux «d'une clarté totale» (dixit le chef de la communication de l'armée, le colonel Philippe Zahno) qui restent très difficiles à lire. Aussi les réactions et les informations les plus contradictoires circulaient-elles mardi entre cantons, communes touchées, autorités militaires et médias. Pour Felix Endrich, porte-parole de l'armée, seuls les documents publiés par le DDPS font foi, les quelques incertitudes qui subsistent tenant à l'état de la planification.

Une chose est sûre: en Suisse romande, le Valais est le plus touché, et Fribourg s'impose comme le vainqueur de cet exercice de rationalisation. Ce bilan découle du jeu complexe des suppressions et créations de postes. Les arsenaux de Bulle et Fribourg disparaîtront, et le Parc automobile de l'armée (PAA) de Romont est menacé. Mais dans les domaines des infrastructures et de la logistique, deux centres d'importance seront créés à Grolley.

Enthousiasme pondéré

Dans le canton, le nombre d'employés de l'armée pourrait passer de 250 plein-temps à 350, voire 400. Après les échecs du Tribunal administratif fédéral et des centres de tri postaux, cette nouvelle a reçu un accueil enthousiaste des autorités.

Mais tout le monde ne partage pas ce sentiment. A Romont, la possible fermeture du Parc automobile à la fin 2010 a suscité l'émoi. Le chef du Service des affaires militaires et de la protection de la population, le colonel EMG Daniel Papaux, veut pourtant croire à l'avenir du site: «Si la direction de la logistique sera bien transférée à Grolley, il est possible que Romont devienne une filiale, notamment pour ses compétences dans le domaine de la mécanique.» Reste que les mutations de l'armée dans le canton sont importantes. Tous les employés cantonaux ou fédéraux ne pourront pas être recasés selon leurs désirs dans les nouveaux centres. Bilan de la planification.

- Les places d'armes. Destinés à l'instruction, les sites de la Poya, de Drognens et de Grandvillars sont maintenus jusqu'en 2011. Avec le passage de deux à trois écoles de recrues ou de cadres par année, Drognens et la Poya accueilleront en permanence de 300 à 350 soldats.

- Les arsenaux. Remplacés désormais par les centres logistiques, les arsenaux de Bulle et de Fribourg seront supprimés. En Gruyère, 24 emplois sont en jeu. Huit collaborateurs devraient bénéficier d'une retraite anticipée, 8 devraient reprendre des postes vacants dans des PAA ou des places d'armes. Seuls 5 à 8 cas posent encore problème. A Fribourg, 42 emplois sont concernés. Dix personnes vont être mises à la retraite anticipée et 7 vont poursuivre leur parcours professionnel sur d'autres sites. Les autres pourront postuler dans les nouveaux centres de logistique et d'infrastructure à Grolley.

- Le centre de logistique. Cette nouvelle structure, qui disposera de cinq sites en Suisse, doit remplacer les arsenaux et les PAA. Grolley a été choisi pour être le centre nerveux romand de la logistique. La planification prévoit la création de 100 à 250 emplois. Pour le colonel Papaux, une répartition des postes pourrait être opérée entre le site principal de Grolley, où seraient concentrées les compétences pour le matériel, et sa filiale de Romont, qui serait spécialisée dans l'entretien des véhicules.

- Le centre d'infrastructure. Grolley va aussi accueillir un second centre de l'armée, celui de l'infrastructure. Cette unité va s'occuper des casernes, de leur entretien et du matériel destiné aux places d'armes. L'arrivée de ce centre doit permettre de créer entre 100 et 150 postes. Grolley pourrait ainsi gérer à terme des places d'armes vaudoises et fribourgeoises.

- Le centre de rétablissement. Avec la suppression des arsenaux, les militaires fribourgeois et de la Broye vaudoise devront aussi se rendre à Grolley pour tout changement de matériel. Cette unité occupera quatre personnes.