Nouvelle mobilisation en Suisse. Ce mardi, pour la troisième fois depuis le début de la crise et «au vu du nombre toujours plus élevé de contaminations et de la situation dans les hôpitaux», le Conseil fédéral a décidé d'offrir l'appui de 2500 militaires. Si les cantons en font la demande, et ceci uniquement de manière subsidiaire là où les moyens civils sont insuffisants, les hommes et femmes en vert pourront apporter leur soutien dans les grandes structures de soin, aider aux transport des patients et à la vaccination. La décision est valable jusqu'au 31 mars 2022.

Pour décrocher des militaires, les opérations non-urgentes doivent être reportées

Il y avait eu une première mobilisation en automne 2020, une deuxième en décembre. Voici la troisième. «Le Conseil fédéral n’exclut pas que les cantons atteignent les limites de leurs capacités», s'inquiète le gouvernement, qui a décidé de réenclencher son service d'appui. Pour l'obtenir, les conditions sont cependant strictes:

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«Les cantons doivent démontrer qu’ils ont déjà déployé tous les moyens et les instruments civils à leur disposition, notamment qu’ils ont fait appel à la protection civile, au service civil, aux pompiers et au secteur privé. Ils doivent en outre prouver qu’aucun personnel supplémentaire ne peut être recruté sur le marché du travail et qu’ils ont épuisé toutes les possibilités de recourir aux chômeurs, étudiants en médecine, samaritains et autres volontaires disponibles.»

Dernier point, et pas des moindres, les autorités régionales doivent encore démontrer que la prise en charge de patients «ne peut être assurée par d’autres établissements de santé publique» et surtout «que les interventions médicales non urgentes ont été reportées pour libérer des capacités hospitalières». Ce dernier point ne manquera pas de faire réagir les hôpitaux, qui rechignent à passer ce cap. En cause: les pertes abyssales subies durant la première vague, jamais compensées par la Confédération.

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Si tous ces points sont remplis, le Conseil fédéral précise que l'armée conclut par la suite une convention définissant l’étendue et la durée des prestations militaires avec l’institution civile à laquelle elle apporte son soutien. Les forces humaines devraient être prises avant tout dans les formation en cours de répétition, toutefois des «convocations» sont envisageables si cela ne devait pas suffire.

Celles-ci dureront «19 jours», précise le gouvernement, soit la durée ordinaire d'un cours de répétition. Là encore, le Conseil fédéral ajoute cependant qu'une «imputation supplémentaire» pourrait être décidée. La nouvelle mobilisation a fait l'objet d'une annonce en direct à 14 heures par le brigadier Raynald Droz. Le canton du Valais a salué l'annonce, estimant que cela devrait lui permettre de «renforcer son dispositif de vaccination et d'accélérer la distribution de doses de rappel». Le canton de Vaud devrait se réunir demain pour se prononcer sur le sujet.