L’armée suisse se veut plus verte. Sa ministre Viola Amherd a annoncé vouloir renforcer l’engagement de son département en faveur de l’environnement, via une charte et un plan d’action pour l’énergie et le climat. Objectif: afficher une neutralité carbone d’ici 2050. La cheffe du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) avait donné rendez-vous mardi matin aux médias sur la place d’armes de Chamblon (VD) pour présenter la nouvelle charte de l’environnement et le plan d’action avec des mesures concrètes pour réduire les émissions de CO2 de 40%.

La conseillère fédérale a affirmé que son département et l’armée entendaient favoriser la biodiversité, installer des panneaux photovoltaïques supplémentaires, miser sur les énergies renouvelables et utiliser des carburants durables. Le coût global est estimé à 650 millions de francs. Il faut savoir que totalisant plus de 11 000 postes à plein temps, 24 000 hectares de terrain et 7000 bâtiments et installations, le DDPS consomme près de 3700 térajoules (soit l’équivalent d’une ville comme Neuchâtel ou Schaffhouse). Il émet également environ 200 000 tonnes de CO2 par an.

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Cinq principes directeurs

«Le département joue donc un rôle majeur dans le domaine de l’énergie et du climat en Suisse. Il s’attelle à réduire autant que possible l’impact environnemental de l’armée et de ses autres domaines par des mesures ciblées et novatrices», écrivent les services de la conseillère fédérale dans un communiqué. La nouvelle charte de l’environnement présentée mardi donne un cadre général à l’action «verte» du DDPS. Elle consiste en cinq axes prioritaires: mieux protéger la nature, ménager les ressources naturelles et réduire les émissions, viser la neutralité climatique, réduire les risques pour l’être humain et l’environnement ainsi que mieux sensibiliser et communiquer sur ces questions.

Les efforts concrets à fournir en matière environnementale sont fixés dans différents plans d’action. Le premier, relatif à l’énergie et au climat, sera suivi l’an prochain par plusieurs autres, consacrés au bruit, au sol et à l’eau. Le plan d’action Energie et climat DDPS prévoit que le département affiche un bilan carbone neutre à l’horizon 2050 grâce à l’utilisation de sources d’énergie renouvelables et à la production autonome d’électricité. Il se décline en une soixantaine de mesures applicables d’ici 2030 et qui concernent surtout l’armée, responsable de 98% des émissions totales de CO2 du département.

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Véhicules électriques et panneaux solaires

Les domaines de la mobilité et de l’immobilier représentent les principales sources d’émissions, précise le DDPS. Pour la mobilité, l’armée prévoit de limiter l’utilisation de carburants fossiles. Les véhicules à moteur conventionnel seront ainsi remplacés par des alternatives électriques lorsque cela est possible. L’utilisation de carburants durables sera également étudiée. A l’avenir, ceux-ci permettront de faire fonctionner aussi bien les véhicules que les avions de combat et autres aéronefs, selon le DDPS. Pour l’immobilier, toutes les chaudières à mazout des bâtiments seront remplacées par des systèmes de chauffage alternatifs d’ici 2030. L’installation de panneaux photovoltaïques sur toutes les toitures et les façades appropriées contribuera également à élever le niveau d’autosuffisance énergétique, poursuit le DDPS.

Le nouveau plan d’action remplace le programme énergétique en vigueur au DDPS depuis 2004. Ses objectifs ont été atteints, voire dépassés, à travers la réalisation de 27 mesures dans les domaines de l’immobilier, de la mobilité et de l’organisation, indiquent les services de Viola Amherd. Depuis 20 ans, le DDPS protège et favorise par ailleurs la diversité des espèces et de leurs habitats sur les sites militaires dans le cadre de son programme Nature-Paysage-Armée.