L'incertitude qui prévaut sur les risques de contamination à l'uranium appauvri au Kosovo apporte une pierre au combat que livre l'Association pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) contre la révision partielle de la loi militaire qui devrait permettre à des militaires suisses de se rendre armés à l'étranger. L'ASIN ainsi que le Groupe pour une Suisse sans armée ont lancé pour des raisons différentes un référendum contre cette révision qui sera soumise au peuple cette année. Hans Fehr assistait à la conférence de presse de l'état-major général.

Le Temps: Pourquoi êtes-vous ici?

Hans Fehr: Je suis venu à la pêche aux informations.

– Allez-vous exploiter la nouvelle faisant état d'un danger de contamination radioactive au Kosovo?

– Oui, nous allons en faire un argument contre la révision partielle de la loi militaire.

– En quoi cela constitue-t-il un argument?

– La Suisse est membre du Partenariat pour la paix de l'OTAN. Mais l'on constate que notre gouvernement ne se satisfait pas de ce partenariat. Il veut l'adhésion à l'Alliance atlantique, sans oser l'avouer. L'engagement de la Swisscoy au Kosovo nous fait entrer dans cet engrenage. La situation qui prévaut là-bas n'est pas celle de la paix mais d'un conflit. Beaucoup de mères sont inquiètes et ne veulent pas que leurs fils s'y rendent. Les soldats suisses sont susceptibles d'être engagés malgré eux dans des opérations de combat et c'est incompatible avec la neutralité de la Suisse. Il faut en tirer les conséquences.

Propos recueillis par A. M.