En à peine deux mois d'existence, l'Association vaudoise pour l'intégration des réfugiés et exilés (AVIRE) n'a cessé de connaître des conflits entre la direction et une partie des employés, avant que ces derniers ne se mettent en grève mercredi. D'une durée indéterminée, ce mouvement de protestation vise à obtenir «la réintégration immédiate des collaborateurs licenciés abusivement», «l'application immédiate des mesures proposées par les collaborateurs», ainsi que «le remplacement de la directrice», qui a été engagée au début de février.

Rejetant la mise en place de nouvelles structures de travail, qu'ils jugent trop réglementées, les assistants sociaux exigent aujourd'hui de retrouver l'autonomie qu'ils avaient avant d'intégrer cette association fondée en janvier par la Croix-Rouge, Caritas Vaud et l'Entraide protestante. Association qui a été mandatée par le canton afin de prendre en charge les réfugiés admis en Suisse.

Le différend s'est durci le 26 février, jour où l'un des dix employés a été congédié «pour avoir eu des propos inacceptables» lors de discussions sur l'organisation du travail, selon la direction. Le licenciement connu, les membres du personnel ont déposé un préavis de grève. En réponse à ce préavis, le comité de direction de l'AVIRE a invité chacun des employés à signer un document leur demandant de respecter les conditions fixées lors de leur engagement au début de l'année. «Nous les avons prévenus que leur refus signifiait qu'ils ne voulaient plus continuer à travailler dans le cadre voulu par l'Etat de Vaud, explique Anne Giroud, directrice de l'AVIRE. Nous voulons décharger les assistants sociaux des tâches administratives afin de les laisser faire leur travail social.»

Comme quatre employés ont rejeté les propositions du comité, Anne Giroud craint «de partir avec une nouvelle équipe». Seule certitude, les uns et les autres sont prêts à aller défendre leurs convictions devant la justice.