Après les tourments liés à l’affaire Hainard, Neuchâtel devait-il faire le ménage au sein de son Université? La question se posait depuis l’automne dernier et la décision du Conseil d’Etat de lancer un audit externe pour faire la lumière sur d’éventuels dysfonctionnements au sein de l’institution (LT du 15.10.2010). Présenté vendredi en présence du président du Conseil de l’Université Dick Marty et de la rectrice Martine Rahier, le rapport de la société KPMG n’a mis à jour que des problèmes mineurs. «A la lumière de cet audit, nous réitérons toute notre confiance au rectorat», a souligné le ministre PLR Philippe Gnaegi.

La polémique a été engagée par l’ancien responsable financier de l’Université, remercié abruptement en juillet 2010. Remonté contre le rectorat, il avait transmis un classeur de documents au Conseil d’Etat, autorité de surveillance de l’alma mater. L’ancien cadre avait évoqué dans la foulée l’existence de notes de frais frauduleuses, de voyages à l’étranger financés indûment par l’Etat, d’absences répétées de professeurs et la construction d’une serre à 300’000 francs pour une enseignante résidant aux Etats-Unis.

La grande majorité de ces accusations se sont dégonflées. «L’audit montre qu’il n’y a eu violation ni de la loi, ni des règlements en vigueur», s’est félicité Dick Marty, qui a regretté «la propension des Neuchâtelois à l’autoflagellation».

L’air grave, Philippe Gnaegi n’a pas éludé les problèmes. «Si tout n’est pas noir, tout n’est pas blanc non plus», a-t-il précisé, assurant que les propositions d’amélioration de KPMG seront étudiées par le Conseil de l’Université et le rectorat et qu’une «majorité» seront appliquées. Dans le lot, la mise en place d’une évaluation de la présence des professeurs à leurs cours et un renforcement des contrôles pour l’octroi des congés scientifiques.

Martine Rahier «s’est réjouie» de la confiance réitérée du Conseil d’Etat. «J’assume ma responsabilité pour les lacunes révélées par l’audit. Il y a des choses à améliorer, nous le savions. Mais nous n’avons pas attendu cette polémique pour agir. Nous travaillons depuis plus d’un an à un système de controlling interne. Il sera effectif le 1er avril. Il intègre une partie des propositions de KPMG.»