Diplomatie

Laurent Fabius promet à Didier Burkhalter d’étudier Rubik

Entre Paris et Berne s’est installé un «bon climat»

S’il est encore trop tôt pour évoquer une visite officielle en Suisse de François Hollande, celle de Laurent Fabius, numéro deux du gouvernement français et patron du Quai d’Orsay, ainsi que celle de Bernard Cazeneuve, ministre délégué aux Affaires européennes, très proche du président de la République française, sont annoncées. «Laurent Fabius souhaite venir en Suisse rapidement», a confirmé hier Didier Burkhalter, à l’issue d’une visite officielle de travail à Paris. Le chef du Département fédéral des affaires étrangères a rencontré son homologue durant une heure, ainsi que Bernard Cazeneuve, et le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf.

Entre Paris et Berne s’est désormais installé un «bon» climat, un «environnement positif», qui tranchent avec l’ère précédente. Nicolas Sarkozy n’a jamais fait de visite officielle à Berne, il n’appréciait guère la Confédération. Depuis l’élection du président socialiste, les relations se sont détendues. Laurent Fabius et Didier Burkhalter se sont déjà rencontrés trois fois, au sommet de l’OTAN à Chicago, à Genève, puis à Paris.

Hier, de nombreuses questions ont été abordées dont celles qui fâchent, comme la fiscalité. Sur ce sujet difficile entre les deux capitales, le rôle de la diplomatie est désormais «de créer un climat qui favorise une discussion commune». Autrement dit, de mettre de l’huile dans les rouages pour tenter d’apaiser les relations plus difficiles entre les deux Ministères des finances, techniquement chargés du dossier.

Piste européenne

Au cours de sa campagne, dans ses déclarations d’intention, François Hollande s’était déclaré opposé à Rubik, qu’il considérait comme une forme d’amnistie inacceptable envers les évadés fiscaux. Devant Laurent Fabius, Didier Burkhalter a défendu la position suisse «d’alternative à l’échange automatique d’informations», une «usine à gaz», selon le conseiller fédéral. Le ministre français n’a pas totalement fermé la porte: il entend encore «étudier la question», rapporte Didier Burkhalter. Laurent Fabius a également évoqué une piste européenne: il s’agirait de porter la discussion au niveau communautaire, autour d’une sorte d’accord-cadre inspiré de Rubik portant sur de grands principes.

Les deux chefs de la diplomatie ont également parlé de la convention franco-suisse qui vise à éviter les doubles impositions sur les successions, un texte révisé et paraphé rapidement cet été. «J’ai exposé les difficultés de réception de ce document en Suisse», a expliqué Didier Burkhalter. Au vu des critiques, les ministres se sont mis d’accord pour ne pas «brusquer» les choses; ils ont conclu qu’une pause de réflexion serait bénéfique. Le Conseil fédéral devrait rapidement reprendre le dossier et voir s’il n’est pas envisageable de rediscuter certains points litigieux avant de signer le document.

Parmi les autres dossiers abordés, celui de la Genève internationale. La Suisse se bat pour obtenir le siège du Fonds vert pour le climat à Genève. Didier Burkhalter s’est aussi rendu à Paris pour chercher un soutien de la France et de l’Organisation internationale de la francophonie.

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