Opinion 

Laurent Wehrli: «La Suisse ne sera pas une priorité pour Donald Trump qui va se concentrer sur ses voisins»

Le syndic de Montreux et conseiller national PLR n'a pas été totalement surpris par l'élection de Donald Trump 

Syndic de Montreux, conseiller national PLR, membre de la commission de politique extérieure, Laurent Wehrli connaît bien les Etats-Unis, où il entretient de nombreux contacts et des amitiés, en particulier dans le Middle West. Pour lui, l’élection de Donald Trump ne constitue pas totalement une surprise: «Plusieurs Etats dont l’Ohio étaient fortement liés à l’industrie, aux mines et aux aciéries. La désindustrialisation, ainsi que la globalisation, qui ont entraîné des ouvertures d’usine au Mexique, en Chine ou ailleurs, ont laissé des traces profondes. Dans ces régions, les formules de Donald Trump sur la restauration de la grandeur de l’Amérique ont porté. Elles ont permis aux électeurs de rêver à nouveau d’un avenir glorieux.»

D’autres pays vivent une situation identique

Laurent Wehrli estime aussi que le vote montre un fort clivage entre les villes et les régions rurales: «Les Etats-Unis sont en train de vivre ce que d’autres pays connaissent déjà.» Le syndic de Montreux ne montre pas encore une trop forte inquiétude quant aux conséquences de l’élection: il s’agira d’abord de voir «ce qu’il y a derrière le discours et pour l’instant, on ne le sait pas.» Mais Laurent Wehrli estime qu’aux Etats-Unis, «il peut y avoir davantage qu’en Europe d’importantes différences entre les propos de campagne et les actes d’un élu. Ce sont deux temps très différents et je n’exclus pas une évolution du positionnement de Donald Trump.»

Une doctrine protectionniste

S’agissant des conséquences de l’élection pour la Suisse, il est encore trop tôt pour juger, estime Laurent Wehrli. Il pense toutefois que rien ne devrait fondamentalement changer: «Donald Trump est proche de la doctrine protectionniste, il va d’abord se concentrer sur les relations avec ses voisins, le Mexique et le Canada; la Suisse ne sera de loin pas une priorité maintenant que l’affaire des fonds en déshérence et la crise bancaire sont terminées.» Comme d’autres analystes, le conseiller national juge en revanche que le traité de libre-échange transatlantique est certainement «mort».

Un regard géopolitique enfin. La Suisse devra se montrer très attentive à d’éventuels éléments de déstabilisation du monde, notamment si la politique américaine évolue au Proche et au Moyen-Orient, ainsi qu’en Asie, prévient Laurent Wehrli. «Néanmoins, la question de la déstabilisation aurait tout aussi bien pu se poser si Madame Clinton avait été élue en raison de sa volonté plus interventionniste.»

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