«Dans sa tirelire, Mathilde a 10 pièces de 2 francs et 15 pièces de 1 franc. Elle décide d’acheter un jeu qui coûte 17 francs. De combien de façons différentes peut-elle payer le jeu avec des
pièces de sa tirelire?» Si vous avez la réponse à ce problème, vous devriez peut-être, dans le futur, tenter les qualifications pour le Championnat international des jeux mathématiques et logiques, dont la finale a lieu cette année à Lausanne. Sur deux jours, 350 finalistes rivaliseront d’ingéniosité logique et déductive sur les bancs de l’EPFL. Répartis en huit catégories d’âge de 10 à plus de 80 ans, les participants venus de 13 nations, incluant la Tunisie, l’Inde, le Japon, l’Ukraine ou encore le Niger, se sont déjà tous brillamment qualifiés dans les sélections de leur pays.

«L’événement a traditionnellement lieu à Paris, exlique Eugenio-Fiore Alba de la Fédération suisse des jeux mathématiques. Nous sommes ravis de voir aboutir notre souhait d’accueillir les finalistes au sein de l’EPFL cette année. Une façon de promouvoir les mathématiques en terres romandes, et de présenter l’école polytechnique aux possibles futurs étudiants.»

Douze mille participants suisses tentent leur chance chaque année, notamment par le biais des classes. Cette année, 68 suisses sont qualifiés. Un tiers de filles, dont Juliette Rouge, de Vevey, 12 ans. «C’est trop chouette d’être dans l’équipe suisse, deux jours de plaisir», glisse-t-elle avant de rentrer dans l’auditoire. «Mon papa, qui a fait une partie de ses études en math, nous inscrit au concours depuis deux ans. Cette année, les quarts de finale se sont déroulés à la maison, la demi-finale à Lausanne, et la finale suisse à Zurich. Moi j’adore, c’est ma matière préférée à l’école.» Dans sa catégorie, Juliette concourra deux heures vendredi et deux heures samedi, avec 11 problèmes à résoudre dans chacune des manches. En cas de bonnes réponses, les gagnants sont départagés sur la base de leur rapidité.

Un esprit ludique

Durant ces deux jours de compétition, accompagnants et amateurs non qualifiés pour la finale pourront également participer aux épreuves par le biais du concours parallèle, auquel chacun peut s’inscrire pour tenter de résoudre les mêmes problèmes que les futurs champions. De plus, diverses activités et animations sont prévues pour présenter le site de l’EPFL, dans un esprit ludique.

Les photos de groupe des différentes délégations terminées, la tension monte d’un cran, davantage presque chez les parents que chez leur progéniture. Deux jeunes de la Fédération québécoise se souhaitent bonne chance avant de rejoindre leur place, où les attendent les épreuves sous enveloppe. David est arrivé il y a trois jours, le temps pour lui et sa maman de visiter la région. «L’EPFL a une bonne réputation, il n’est pas impossible que j’y revienne faire mes études, mais j’ai encore le temps d’y songer», partage l’adolescent.

«Les mathématiques et les souvenirs auxquels elles nous rappellent peuvent être arides, rébarbatifs ou même terribles pour certains, sourit Eugenio-Fiore Alba. Comme le disait Gad Elmaleh: «Qui d’entre vous a déjà réutilisé un compas?» Dans ce championnat, le but est de ramener les mathématiques à un jeu et de restaurer leur réputation, en laissant la place à leur aspect rigolo, intuitif et jubilatoire. L’attrait des maths est lié à la façon dont on les présente à l’enfant, puis un bon mathématicien sera celui qui fera confiance à sa créativité et se fiera à son intuition.»

Spectacle de chimie

Les premiers finalistes sortent, sourire aux lèvres pour certains: «C’était plus facile qu’attendu.» Larmes et déception pour d’autres. Les parents refont illico les problèmes avec leur enfant, comparent: «Tu as mis 7, moi j’ai 8.» En attendant les premiers résultats, un spectacle de chimie attend les finalistes.

Un dernier petit problème avant de se quitter? Essayez de déterminer l’âge de Dominique, sachant qu’il est un nombre premier plus petit que 100. Que si on le lit de droite à gauche, on a encore un nombre premier (qui peut être le même). Et que si on additionne tous les nombres premiers strictement inférieurs à l’âge de Dominique, on obtient un nombre divisible par cet âge. Plusieurs réponses sont possibles. A vos calculs.