Marc Vuilleumier, municipal popiste de la Sécurité, indique quelques pistes pour endiguer l’attrait de la capitale vaudoise.

Le Temps: Dimanche 13 mai, une bagarre a dégénéré en émeute impliquant 200 personnes et une quarantaine de policiers. La vie nocturne de la capitale vaudoise est-elle en train d’échapper au contrôle des autorités?

Marc Vuilleumier: Les émeutes sont rares, mais elles sont larvées chaque week-end en ville. Or Lausanne arrive au bout de ce qu’elle peut supporter. Pas seulement la nuit. Mais également en termes de manifestations culturelles et sportives. Il est temps d’ouvrir une réflexion plus large. Lausanne en fait peut-être trop.

A court terme, quelles mesures préconisez-vous?

Agir sur l’offre, en premier lieu. L’introduction en octobre 2011 de l’heure blanche, c’est-à-dire la fermeture des débits de boissons entre 5 et 6 heures et demie, va dans ce sens. Je suis prêt à revenir sur la suppression de la clause du besoin, qui limitait le nombre d’établissements en ville jusqu’en 1995. Il est aussi possible de restreindre les autorisations de prolonger de 4 à 5 heures l’exploitation des boîtes de nuit. Il y a des discothèques laxistes à l’égard de leurs clients et des consignes de sécurité. Cette mesure pourrait servir à faire de l’ordre.

Qu’allez-vous proposer pour renforcer la présence policière?

D’une part, d’ici à 2014, Lausanne va engager trente agents supplémentaires. D’autre part, il faudra réfléchir à une collaboration permanente avec les autres polices, cantonales et communales, pour assurer les renforts nécessaires aux agents municipaux pendant les week-ends.