Manifestation

Lausanne, capitale de la grève pour le climat?

Lors des manifestations du 18 janvier, puis du 2 février, la ville vaudoise a fait figure d’épicentre du mouvement écologiste

Le samedi 2 février dernier, plus de 10 000 personnes descendaient dans les rues de la capitale vaudoise (140 000 habitants) pour le climat. Soit autant qu’à Zurich dont la population se monte à 400 000 personnes. Et presque trois fois plus qu’à Genève, pourtant plus grande que sa voisine romande (200 000). Ce vendredi, la police s’attend à voir à nouveau 10 000 manifestants entre 10h30 et 14h30, entre le Petit-Chêne et la place de la Riponne.

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Lors des premiers rassemblements, les Valaisans, qui n’avaient pas organisé de grève dans leur canton, ont sans doute grossi les rangs du mouvement vaudois. Tout comme les activistes venus de toutes les villes du gros canton à 800 000 habitants – contre 500 000 à Genève. Mais ces facteurs démographiques n’expliquent pas à eux seuls l’intensité de la vague verte vaudoise. D’où vient cette différence?

La densité des milieux estudiantins, d’abord. Lausanne est la seconde ville étudiante de Suisse après Zurich. Les grèves pour le climat sont organisées par messageries, mais elles partent des campus et des couloirs des gymnases. Vaud compte 71 400 étudiants entre le secondaire, les gymnases, universités, hautes écoles et écoles professionnelles, contre 61 000 à Genève (chiffres de 2017). Autre élément explicatif: l’attitude permissive des autorités vaudoises responsables de la formation. Les élèves de l'école obligatoire peuvent être dispensés de cours pour aller manifester, avec une justification signée par les parents.

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Mentors

Lausanne compte aussi un certain nombre de figures écologistes qui expriment leur soutien aux grèves pour le climat, ou qui ont marqué l’histoire du canton de leur empreinte verte. Le Prix Nobel de chimie 2017 Jacques Dubochet. La conseillère nationale, ancienne coprésidente des Verts Adèle Thorens. Dominique Bourg, professeur à l’Unil et auteur de livres sur la transition écologique. Julien Perrot, créateur de La Salamandre.

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Sans compter le tout premier Vert élu dans un parlement en 1978, une figure lausannoise: Daniel Brélaz. Le fait que Lausanne se montre plus démonstrative sur la question du climat n’a pas échappé à l’ancien maire de la ville: «Que ce soit sur l’économie circulaire, la sortie du nucléaire, la stratégie énergétique ou l’initiative agricole, les Lausannois ont toujours eu les plus hauts scores», remarque Daniel Brélaz.

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