Par deux, des médiateurs parcourront les rues de Lausanne. Ces intervenants d’un nouveau type pisteront les jeunes adultes de 18 à 25 ans. A force de dialogue et de fermeté, ils chercheront à «responsabiliser» les noctambules qui viennent s’amuser les week-ends dans la capitale vaudoise. Il en coûtera 710 000 francs par an aux caisses communales pendant 24 mois d’essai. Ensuite, les autorités décideront de pérenniser ou pas le dispositif, voire de le développer.

Grégoire Junod, municipal socialiste responsable de la police, a présenté lundi le profil de cette brigade qui prendra ses quartiers l’année prochaine à condition que le parlement citadin donne sa bénédiction. Sa mission sera de désamorcer les conflits, d’apaiser les tensions avant le recours à la police. «Le rayon d’action de ces patrouilles est l’infrapénal», a précisé Grégoire Junod. Soit le littering, le vandalisme, les nuisances sonores et autres incivilités. Reconnaissables, ces tandems viseront surtout les points de rencontre et de consommation d’alcool ou de drogues des jeunes fêtards.

L’unité se dénomme pour l’heure SIP: sécurité, intervention et prévention. L’appellation a été empruntée aux précurseurs zurichois. Dans la métropole alémanique, ces pacificateurs opèrent depuis 2000. Au fil des ans, leur effectif a atteint 55 collaborateurs actifs toute la semaine. Berne, Bienne, Lucerne ou Vernier dans le canton de Genève disposent de groupes similaires.

Alternatives à l’ivresse

Dans la foulée, la municipalité propose d’autres mesures étoffant sa stratégie lancée en 2012. Il s’agit, a observé Oscar Tosato, municipal du social, d’offrir des alternatives à la fête alcoolisée. On prolongera notamment jusqu’à minuit l’ouverture d’une poignée de salles de gymnastique déjà accessibles les soirs de fin de semaine.

Sur le plan médical, Jean-Bernard Daeppen, chef du service d’alcoologie du CHUV, a évoqué la création d’une «filière collaborative» entre les différents intervenants afin d’éviter que «toutes les personnes qui auraient trop bu se retrouvent aux urgences déjà saturées». Le médecin a également rappelé la mise en place d’un centre de dégrisement de quatre lits à partir de mars 2015.

Il y a deux ans, des bagarres voire des émeutes avaient contraint l’exécutif à agir. Selon des chiffres que la Ville souhaiterait confirmer, de 20 000 à 30 000 noctambules de toute provenance prendraient d’assaut la capitale certains week-ends. Depuis ces événements, l’effectif policier a été renforcé, des nouvelles règles, quoique contestées, ont été établies pour l’exploitation des boîtes de nuit. Le bilan, certes fragile, semble positif. Lausanne, ont souligné les municipaux présents, fait face avec des moyens et des compétences limités.