Pour faire face à la pénurie de logements dont souffre le canton de Vaud, Lausanne prévoit de construire 3000 logements d'ici à 2016 (soit 300 logements par an).

Les premiers chantiers pourraient commencer dès cette année dans le secteur de Vers-chez-les-Blancs. D'autres parcelles pourraient suivre dans les quartiers de Beaulieu, de Provence et de Victor-Ruffy notamment.

Plusieurs investisseurs, dont des fondations œuvrant dans le domaine du logement subventionné, auraient déjà fait part de leur intérêt. Lausanne compte, en outre, sur la mise en service du M2 prévu en 2008 pour redynamiser la construction de logements.

Cette démarche s'inscrit dans le plan Agenda 21 qui encourage une «politique sociale et de logement».

Mixité sociale

Ce projet, qui doit encore passer devant le Conseil communal, a la particularité de mettre l'accent sur la mixité sociale des futurs habitants. Seul un tiers des logements seraient subventionnés, alors que les deux autres s'adresseraient à la couche moyenne et aisée de la population. La municipalité souhaite ainsi éviter la formation de ghettos de personnes à faible revenu ou de personnes âgées.

Cette nouvelle approche assurerait non seulement un équilibre social, mais également des rentrées fiscales intéressantes. Selon l'exécutif lausannois, l'arrivée progressive de 2000 nouveaux contribuables appartenant à la classe moyenne et supérieure assurerait une augmentation des recettes fiscales de l'ordre de 10 millions de francs. En outre, la mise à disposition de quelque 150 000 à 200 000 m2 de terrain communal constructible pourrait ammener à la ville un revenu annuel supplémentaire estimé entre 2,4 et 4 millions de francs.

Exigences écologiques

Autre particularité: ces logements devront répondre à des exigences écologiques, notamment en étant bien desservis par les transports publics. Les investisseurs désirant construire sur des terrains communaux devront se conformer aux principes de développement durable tant pour le logement à construire que les bâtiments à rénover. Cette condition inquiète la conseillère communale Nicole Grin. La libérale craint que ces contraintes gênent les investisseurs privés. Elle dénonce d'ailleurs une mesure démagogique à l'approche des élections communales de 2006. Un soupçon partagé par le radical Charles-Denis Perrin, qui rappelle que la droite avait proposé un projet similaire il y a deux ans.