Lausanne espère scintiller grâce à son festival de lumières

Vaud La ville va vivre sa troisième fête d’éclairages éphémères, suivant une veine qui devient mondiale

De grandes boules à neige éclairées sur les marquises de la gare. Des étoiles hivernales brillantes sur la place de l’Europe, face à des éoliennes aux pales luminescentes. Des silhouettes faites en grillage, bleuies par des faisceaux à la Palud, ou des nuages roses à Saint-Laurent: dès le 21 novembre et jusqu’au 31 décembre, Lausanne se rêve scintillante. La capitale vaudoise organise pour la troisième année son Festival Lausanne Lumières, grâce à 14 installations de designers suisses et étrangers disséminées au centre. Ambition commerciale et culturelle, que résume la «city manager», Helena Druey: «Comme Montreux a son marché de Noël, j’ai bon espoir que Lausanne devienne la ville des lumières de Suisse.»

Les organisateurs se défendent de copier, en petit, la considérable démarche de Lyon, qui, depuis 1999, attire entre 2 et 3 millions de fidèles pendant quatre jours. L’initiative vaudoise est bien plus modeste, tout en durant six semaines: le directeur du festival lausannois, Julien Finkbeiner, plaide pour cet étalement dans la durée, qui répond aussi à la nécessité de «soutenir les commerçants» en permettant aux curieux de déambuler paisiblement, par contraste avec les foules concentrées au début de décembre à Lyon.

Un marché global

Toutefois, Lausanne «profite du savoir-faire» de la cité française, qui a «défriché et ouvert les yeux du public sur cette forme de création», reconnaît Julien Finkbeiner. Les organisateurs vaudois utilisent certains projets développés pour l’événement lyonnais. Car ces fêtes de lumières se multiplient dans le monde, créant un marché global des installations lumineuses éphémères. De fins arceaux qui décoreront un bâtiment historique de Saint-François ont récemment été montrés à Dubaï. Jan Ising, responsable d’une agence allemande qui propose des projections de visages de personnalités romandes ainsi que de quidams sur un grand masque accroché à une façade à la rue centrale, raconte qu’il a «débuté à Berlin, et poursuivi à Jérusalem. Nous passons à Lausanne avant d’aller, nous l’espérons, en Australie. C’est un défi de s’adapter à chaque ville, selon le contexte et les personnes.»

Cette année, les organisateurs veulent proposer des compléments pour smartphones, avec l’application Cultural Network. Et ils ont mobilisé des écoles avec une œuvre déjà remarquée par des citadins, 500 abat-jour décorés et suspendus vers Bel-Air.

La manifestation coûte 700 000 francs, dont 250 000 publics. Son ouverture, vendredi, survient juste une année après la présentation d’un plan de la Ville pour la lumière, que le législatif a accepté en février dernier. Selon le municipal écologiste Jean-Yves Pidoux, les festivités «complètent, sous une forme événementielle, l’évolution de l’éclairage public ordinaire».