Sécurité

Lausanne pérennise son dispositif de lutte contre le deal de rue

Une année après les polémiques qui ont poussé la capitale vaudoise à renforcer la présence policière sur le terrain, ses autorités dressent un bilan positif de la nouvelle stratégie, qui a permis d’apaiser la vie du centre-ville

Pour lutter contre le deal de rue, Lausanne voulait «des bottes sur le terrain», selon la formule choc de son municipal chargé de la Sécurité, Pierre-Antoine Hildbrand. Le 15 juin 2018, la commune lançait une opération de police reposant principalement sur une présence permanente d’agents en uniforme dans les différents lieux exposés du centre-ville: Chauderon, la gare, la Riponne, Saint-François, Bel-Air, etc. Une année plus tard, la police lausannoise tire un bilan positif de cette politique et annonce la pérennisation de ce système sécuritaire.

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«C’est un succès! se félicite Pierre-Antoine Hildbrand. Nous avons reçu des réactions positives tant des commerçants, des habitants que des visiteurs.» Une réussite que corroborent des pointages effectués par l’Observatoire de la sécurité. «Dans 93% des cas, aucun deal de rue n’a été constaté», poursuit l’élu PLR. Malgré l’effort opérationnel – une vingtaine d’agents engagés simultanément entre 7h et 23h, 7 jours sur 7 –, le dispositif sera maintenu dans le temps. «Cette présence policière a également fait baisser le nombre des autres infractions, comme les agressions, les vols à l’étalage ou les harcèlements de rue», plaide de son côté Olivier Botteron, le commandant de la police municipale.

Pression médiatique et populaire

Gangrenée par le fléau du deal de rue depuis de nombreuses années, la capitale vaudoise avait renforcé il y a une année le maillage policier sous la pression médiatique et populaire après plusieurs semaines de vives polémiques. C’est l’intervention du cinéaste Fernand Melgar, porte-voix de la gauche humaniste, dénonçant la présence de dealers à proximité d’écoles, qui mettait le feu aux poudres et révélait un profond malaise dans la population. Le 30 mai 2018, une manifestation contre le trafic de drogue réunissait ainsi près de 300 personnes.

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Aujourd’hui, Fernand Melgar salue une stratégie qui «a métamorphosé les quartiers, même si c’est incroyable qu’il ait fallu autant d’années et une telle levée de boucliers pour accoucher d’une solution somme toute assez simple». «La nouvelle politique est globalement positive, il n’y a plus de dealers devant les écoles», confirme le cinéaste. Mais il regrette que les patrouilles s’arrêtent à 23h. «Se congratuler aujourd’hui, c’est oublier les nuisances nocturnes subies par les habitants à cause des dealers qui reviennent sur site à peine les agents partis.» Une problématique que reconnaît Pierre-Antoine Hildbrand: «Il y a un report du deal sur les heures où la police n’est pas présente. Mais l’objectif premier était de préserver l’espace public durant la journée. Il est rempli.»

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