Projet 

Lausanne pourrait tester le RBI

Le Conseil communal demande à la Municipalité de plancher sur la faisabilité d’une expérience pilote. Le but? Observer les effets réels du revenu de base

Lausanne sera-t-elle la première ville de Suisse à tester le revenu de base inconditionnel (RBI) pour en mesurer les effets? Mardi soir, le Conseil communal a franchi un pas dans cette direction. A quelques semaines de la votation fédérale sur le RBI et à une courte majorité de 39 voix contre 37, il a renvoyé à la Municipalité un postulat qui demande d’étudier la mise en place d’une expérience pilote dans la perspective du revenu de base inconditionnel.

Déposé par feu Laurent Rebeaud, l’idée a été défendue par Léonore Porchet, la présidente des Verts lausannois: «Le revenu de base propose un socle social solide et sécurisant, en opposition au filet social fragile que l’on connaît aujourd’hui. La liberté du RBI pousse à l’activité, à l’insertion et à l’innovation. De plus, il valorise et soutient le travail «gratuit», comme le bénévolat. Un récent sondage a montré que seuls 2% des Suisses arrêteraient de travailler avec un RBI, alors que, par exemple, 22% deviendraient entrepreneurs et 54% amélioreraient leur formation», argumente-t-elle. Un revenu garanti sans conditions posées pour le recevoir pousse-t-il à l’activité, salariée, indépendante ou bénévole, ou entraîne-t-il l’oisiveté, comme le craignent les élus PLR, voilà l’un des points qu’il s’agirait de tester.

Echantillon de personnes

L’expérimentation ne se ferait pas sur l’ensemble des Lausannoises et Lausannois, mais sur un échantillon de personnes qui reçoivent déjà des prestations sociales. «Il s’agirait d’étudier quelles sont les conditions qui soutiennent ou découragent les efforts des personnes bénéficiant d’aides sociales dans leur recherche d’activité rémunérée», argumente Léonore Porchet.

Comme au niveau fédéral, socialistes et syndicalistes notamment se sont montrés divisés sur la question. L’une des craintes? Qu’un revenu de l’ordre de 2500 francs entraîne un dumping salarial sur les emplois peu qualifiés et une perte de la valeur du travail.

En Europe, des expériences de ce type pourraient être tentées à Utrecht aux Pays-Bas, ainsi qu’en Finlande.

Dossier
Le débat sur le revenu de base inconditionnel

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