Les finances lausannoises vont mal. A tel point que la municipalité a présenté jeudi un train de mesures «spéciales» visant à combler 35 des 70 millions de francs du déficit enregistré au terme de l'exercice de l'année dernière.

Des «décisions légères et douces» que l'exécutif communal s'est résolu à prendre dans la préparation du budget 2004 afin de ne pas entraîner la Ville, sur «les cinq années à venir», dans une spirale inextricable. Compte a aussi été tenu de l'absence de perspectives économiques favorables, a relevé le syndic de Lausanne, Daniel Brélaz. L'édile écologiste a ainsi indiqué que la municipalité planchait sur 15 millions de recettes nouvelles, des coupes à hauteur de 13 millions sur le poste du personnel et 7 millions sur les coûts d'entretien et les mandats. Le détail du catalogue de décisions municipales sera présenté d'ici à fin août.

Pour l'heure, c'est donc un effort de 13 millions de francs qui est demandé aux fonctionnaires communaux: réintroduction, sauf exception, d'un délai de carence de 6 mois pour tout nouvel engagement (occasionnant une économie de 6 millions de francs); gel des promotions fin 2003 (2,4 millions); abaissement de trois annuités et deux classes de salaires à l'engagement (1,4 et 1 million); réduction de moitié des annuités entre 2004 et 2009 (1,4 million); etc. Reste à voir comment ce plan sera apprécié des syndicats.

Daniel Brélaz, souhaitant montrer que «Lausanne n'en reste pas moins un employeur modèle par rapport au marché», a annoncé «deux mesures positives» pour le personnel communal, puisque le pont entre Noël et Nouvel An sera offert dès cette fin d'année et que les allocations de résidence des fonctionnaires habitant la ville (49% des 4300 employés) seront calculées de manière à peser favorablement sur le calcul de l'impôt de ceux-ci. Quant à l'indexation au coût de la vie, «elle ne sera pas touchée», a garanti le syndic.

En terme de nouvelles recettes, la municipalité compte atteindre 15 millions de francs en augmentant un certain nombre de taxes qui n'ont pas été réévaluées depuis des années: outre le prix de l'eau qui devrait être revu à la hausse d'environ 10%, Daniel Brélaz a notamment cité les tarifs des parcomètres ou les amendes pour «alarme intempestive».

Enfin, la municipalité de Lausanne a opté pour un plafonnement des investissements à 80 millions d'ici à 2006 contre 100 millions ces dernières années, et une compression de quelques dépenses pour économiser sept millions supplémentaires. Autant de mesures qui ne manqueront pas d'agiter le Conseil communal lors de la discussion du budget 2004.