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Une prostituée attend un client à la rue de Genève, le 8 juillet 2014.
© Jean-Christophe Bott/Keystone

Lausanne

A Lausanne, les prostituées exclues de la rue de Genève

Dès dimanche, la zone dédiée à la prostitution dans le quartier de Sévelin à Lausanne sera fortement réduite. Cette nouvelle réglementation répond aux transformations du quartier. Les milieux de la prévention s’inquiètent

Les prostituées ne seront plus autorisées à arpenter la fameuse rue de Genève. En cause, le quartier de Sévelin qui poursuit sa mutation, après avoir accueilli plus de 1000 nouveaux habitants depuis 2016 et s’apprêtant à en loger encore 250 d’ici à la fin de l’année. Située au cœur du quartier, la seule zone de prostitution réglementée de la ville a ainsi dû être repensée.

Dès dimanche, les prostituées seront cantonnées à deux allées de l’avenue de Sévelin et une partie de la rue de Sébeillon. Pierre-Antoine Hildbrand, municipal en charge de la sécurité et de l’économie, justifie: «Il faut accompagner l’évolution du quartier, la zone de dépôt étant devenue une zone d’habitation.»

Depuis longtemps, la cohabitation entre les riverains et les différents acteurs du secteur pose problème. Ce redimensionnement du périmètre répond donc aussi aux nombreuses doléances des habitants. «Il y a eu des pétitions pour une fermeture totale du secteur ou pour le rendre piéton à cause des nuisances sonores du trafic automobile généré par la clientèle des travailleuses du sexe», explique l’élu. En février 2017, le législatif lausannois a accepté le rapport-préavis de l’exécutif annonçant la réduction de l’espace dédié aux travailleuses du sexe de 1900 à 700 mètres de trottoirs.

Lire aussi: Mille habitants attendus sur la friche de Sébeillon

Faire respecter les nouvelles limites

Pour le municipal, l’enjeu principal sera de faire respecter les nouvelles délimitations. «Nous allons bien sûr passer par une phase d’adaptation», assure-t-il toutefois. Afin d’accompagner ces modifications, la municipalité va installer des bornes escamotables et instaurer des mises en impasse pour créer un circuit, la nuit tombée. «Cela servira à canaliser le trafic et à éviter que les clients ne s’attardent dans les rues alentour.» Une dernière installation verra le jour prochainement: des toilettes publiques. «Il faut que ce soit un endroit propre et sûr, mais suffisamment restreint pour que cela ne devienne pas en lui-même un lieu de pratique de la prostitution», détaille Pierre-Antoine Hildbrand.

Silvia Pongelli, directrice de l’association Fleur de Pavé qui soutient les personnes du milieu de la prostitution, appréhende les conséquences de cette réduction de périmètre. «Nous nous soucions de la sécurité des prostituées et de leurs conditions de travail.» Elle craint notamment qu’une guerre tarifaire ne s’opère et que des conflits entre les différentes nationalités n’aient lieu. Ou alors qu’elles désertent le quartier et fuient en périphérie, où elles n’auront plus contact avec les milieux de la prévention.

Maintenir le dialogue

«Pour l’instant, nous informons un maximum, nous leur avons montré le nouveau plan de la zone autorisée et nous les rassurons», raconte-t-elle. Pour Pierre-Antoine Hildbrand, l’effet de concentration reste supportable. Il ajoute: «La situation évolue. Davantage de travailleurs du sexe exercent en salon et prennent contact avec leurs clients par voie électronique.»

Lire également: «Impasse»: de la migration à la prostitution

La municipalité de Lausanne, Fleur de Pavé ainsi que d’autres acteurs du quartier prendront part à un groupe de suivi pour maintenir le dialogue et apporter d’éventuelles améliorations tandis qu’un bilan global sera établi après deux ans de mise en application.

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