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A Lausanne, le PS veut taxer les locaux vides

La gauche dénonce la multiplication des surfaces commerciales inexploitées en plein cœur de la capitale vaudoise

Certaines surfaces du centre-ville de Lausanne restent désespérément vides. Autant à Saint-François qu'au Flon, lieux stratégiques de la vie commerçante dans la capitale vaudoise. Le Parti socialiste (PS) a proposé mardi soir lors d'une séance du Conseil communal de taxer les propriétaires qui «préfèrent garder les locaux vides plutôt que de concéder une baisse de loyer». Le taux de cette taxe serait progressif, augmentant au fil du temps, afin d’inciter les propriétaires à baisser plus rapidement les prix de la location et «faciliter ainsi le renouvellement d’un bail».

Un problème qui s'étend

Pourquoi intervenir si tardivement, alors que le Café Saint-François, par exemple, est fermé depuis plus d’un an? «Un article récent expliquant qu’il ne se passait rien à Saint-François m’a montré qu’il fallait réagir rapidement contre le marasme ambiant», souligne Denis Corboz, conseiller communal socialiste à l’origine du postulat. Sur la même place, le local du magasin Confo Déco, qui avait lui-même remplacé un restaurant Manora, est également vide depuis des mois.

«Le problème est en train de s’étendre en ville, poursuit l’élu. On constate ce phénomène également au Flon, où on trouve des surfaces commerciales vides pendant des mois et un turnover important des enseignes. Que l’hyper-centre, un lieu de passage aussi fréquenté par les Lausannois comme par les touristes, soit délaissé n’est pas normal. Lorsqu’on discute avec les bailleurs, certains reconnaissent que les loyers sont trop élevés», déclare encore Denis Corboz.

Il est prématuré d’évoquer un montant pour cette taxe, ajoute-t-il, l’essentiel étant de lancer le débat. Selon le conseiller communal, une telle pénalité est appliquée avec succès dans plusieurs pays, en France notamment.

Des magasins éphémères plutôt qu’une taxe

Mais le projet socialiste ne convainc pas tout le monde. En tant que conseiller municipal chargé de l’Economie, et seul représentant de la droite au sein de l’exécutif communal, le PLR Pierre-Antoine Hildbrand se déclare «particulièrement réticent à l’idée d’une taxe supplémentaire». Dès lors, quelle solution apporter à un problème dont la réalité n’est pas contestée? «Nous avons un contact assez régulier avec les gérances et les propriétaires, répond le conseiller municipal, et notre idée serait plutôt de trouver une solution transitoire en promouvant des pop-up stores, autrement dit des magasins éphémères. Les baux de cinq à dix ans sont très compliqués à établir vu l’évolution rapide des habitudes d’achat.»

Tout en admettant que la taxe serait une piste exploitable, Gilles Meystre, responsable de GastroVaud et ancien conseiller communal PLR, ne la trouve pas non plus satisfaisante: «Avant d’en arriver là, je préférerais qu’on tienne des états généraux du commerce, et qu’on y convie les grandes régies, les fonds de pension, tous ces propriétaires.» Un dialogue qu’il prônait lui-même il y a un an déjà, mais qui ne se concrétise pas, regrette-t-il, un brin fataliste.

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