Lausanne craint la réforme de l’imposition des sociétés

Finances Le budget 2015 reste déficitaire. Priorité à la sécurité et à l’accueil des enfants

Lausanne a présenté lundi son projet de budget pour 2015. L’exercice prévoit un déficit de 19,8 millions sur un montant total de 1,9 milliard. Florence Germond, conseillère municipale chargée des Finances, a relevé une «légère amélioration» dans la succession de chiffres rouges qui caractérise les budgets de la capitale vaudoise depuis longtemps. Ce qui n’est pas le cas des comptes, qui ont parfois affiché des résultats positifs, comme en 2013.

Profitant de la tribune publique, la Ville a répété son inquiétude à l’aube de la réforme de l’imposition des bénéfices des entreprises. La déclinaison vaudoise de l’opération provoquera des pertes globales estimées à près de 400 millions, dont 50 à 60 millions touchant Lausanne. La feuille de route du gouvernement cantonal dévoilée en avril, destinée à répondre aux pressions internationales, panache une forte baisse du taux et des mesures en faveur du pouvoir d’achat.

La municipalité a plaidé en faveur de négociations avec l’Etat dans le but de garantir aux communes des compensations proportionnelles aux manques à gagner, dont une partie sera assurée par la Confédération. Il s’agit de sauvegarder le pouvoir d’attrait sur les entreprises. Lausanne, contrairement à d’autres localités, ne pourra pas compter sur les revenus de l’imposition des résidents pour combler les pertes et financer ses charges de ville-centre.

Les discussions entre canton et communes démarreront dans les prochains jours.

Le PLR, très réactif, a déploré «la surenchère déclamatoire» officielle. Pierre-Antoine Hildbrand, chef du groupe au parlement citadin, souhaiterait que les autorités municipales manifestent clairement leur soutien à la feuille de route au lieu de fournir des arguments à un référendum éventuel. «De toute façon, Lausanne aura droit à une compensation», conclut l’élu libéral-radical.

Forts investissements

Quant au budget lui-même, il se veut «réaliste». Encore que le PLR regrette le déficit résiduel. Pour la Ville, il porte cependant la marque d’un «effort continu de maîtrise des charges», soit +2,2% par rapport à l’année précédente. Florence Germond table également sur une hausse des recettes fiscales de près de 6%, basée sur les revenus de 2013. La municipalité alloue des montants supplémentaires à la sécurité et à l’accueil des enfants en créant quelques dizaines de postes de plus dans les deux secteurs prioritaires pour l’exécutif à majorité de gauche.

Malgré la dette élevée mais «stabilisée» à 2,2 milliards, Lausanne n’arrêtera pas d’investir. On annonce 144 millions, 12 de plus qu’en 2014. Les montants contribueront au développement des réseaux , des aménagements urbains, de la mobilité douce et des établissements scolaires. La marge d’autofinancement s’établit à 56,7%. Les emprunts couvrent le reste.