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Image de synthèse du projet de réaménagement de la place de la gare de Lausanne.

Urbanisme

Lausanne révèle le nouveau visage de sa place de la Gare

Pour redessiner un espace stratégique de son développement urbain, la capitale vaudoise choisit les architectes qui ont remodelé la place de la République, à Paris 

Simplifier, dégager et remettre à l'horizontal la place de la gare de Lausanne, aujourd’hui en pente. C’est l’idée forte du projet que la municipalité de Lausanne a retenu pour transformer la place de la Gare de la capitale vaudoise à l’horizon 2030.

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Ce redressement se fera en deux niveaux, articulés par la création d’un emmarchement (7 marches de 13 cm). Le niveau inférieur, devant le bâtiment de la gare, sera réservé aux piétons, alors que le vaste plan créé au niveau supérieur est destiné à la circulation et à un espace public pouvant accueillir des événements.

Retenu parmi six finalistes, ce projet est dû à une équipe d’architectes emmenée par l’agence parisienne Trévelo & Viger-Kohler (TVK). C’est à cette agence que l’on doit le réaménagement récent de la Place de la République, lieu de rassemblement du mouvement Nuit debout.

Au cœur du changement lausannois

La nouvelle place de la Gare lausannoise viendra finaliser la transformation de tout le quartier. La gare CFF sera transformée dans le cadre du programme Léman 2030, qui va doubler sa capacité d’accueil (budget: 1,2 milliard de francs). A l’ouest, le Pôle muséal verra le jour, regroupant les musées des Beaux-Arts, de la photographie et du design sur le site des anciennes halles CFF. A l’est, la réaffectation des locaux abandonnés par les CFF et la Poste transformera le quartier de la Rasude. Le programme prévoit aussi le creusement d’une nouvelle station de métro.

Lire aussi: La gare de Lausanne, huit ans de travaux et une mue considérable

Un sondage réalisé auprès des Lausannois a montré l’attachement de ceux-ci aux multiples fonctions de la place. Ce n’est pas le moindre défi urbanistique que de réussir un espace convivial sur un lieu qui doit jouer le rôle de porte d’entrée de la ville, tout en restant fondamentalement une interface de transports.

Tout autant qu’un accès à la desserte ferroviaire, la place de la Gare de Lausanne est aujourd’hui un axe de transit important dans la ville. Cette double fonction demeurera, d’autant plus qu’il est prévu d’éliminer la circulation automobile individuelle du Grand-Pont.

Une durée de vie de vingt ans

L’actuelle place de la Gare, avec ses deux giratoires ornés de fontaines, a été inaugurée dans la polémique en 1999, après trois ans de travaux et un coût de 20 millions de francs. Alors qu’elle avait été conçue selon le principe de la dépose, sans possibilité de parcage («Kiss and Ride»), quelques places de parc n’avaient pas tardé à y être redessinées, pour calmer le mécontentement des usagers.

La municipalité de Lausanne et les experts ont été séduits par l’idée du redressement de la place en deux niveaux, s’étonnant presque qu’on n’y ait pas pensé plus tôt. Selon le jury, c’est un geste qui rend palpable l’ampleur de l’espace et crée une véritable respiration.

Des questions

Pour autant, tout n’est pas encore limpide. En même temps qu’il permet la création d’une esplanade haute et basse, l’emmarchement prévu est également un obstacle à la déambulation des flux, élément capital dans le fonctionnement de la Gare et de ses espaces publics, note ainsi le collège d’experts parmi les questions à résoudre. La réflexion doit également être poursuivie sur l’appropriation qui pourra être faite de l’espace central prévu.

Les architectes Caruso St John (Londres) et Privileggio Secchi (Milan) sont les autres finalistes internationaux du concours, au côté de trois équipes suisses. Les six projets ayant participé aux mandats d’étude parallèles pour la place de la Gare sont exposés du 20 avril au 1er mai (salle de la Rasude, avenue d’Ouchy 6).

Porteuses de nombreuses attentes, les places de la Gare représentent presque toujours un défi urbanistique majeur. Les transformations menées ces dernières années dans les villes suisses ont été accompagnées le plus souvent de polémiques. L’exemple le plus proche est celui de la place de la Gare de Genève, inaugurée en 2003. Résultat d’un projet revu à la baisse, elle a déchaîné les critiques sur les choix esthétiques tant que de fonctionnalité.


A Paris, Place de la République

Dans sa volonté de simplifier et de désencombrer la place de la Gare de Lausanne, l’agence parisienne Trévelo & Viger-Kohler (TVK) tire de son portfolio un éloquent précédent: le nouveau visage qu’ils ont donné à la Place de la République, à Paris.

Lieu historiquement symbolique des mouvements populaires, cette place est redevenue ces derniers mois l’espace par excellence des mobilisations citoyennes. Après les manifestations qui ont suivi les attentats terroristes, elle est devenue le lieu de convergence du mouvement Nuit debout.

Cette effervescence collective est indubitablement liée au remodelage effectué entre 2011 et 2013 par TVK sur cette place qui n’était plus qu’un rond-point géant pour la circulation automobile.

Autour de la statue de la République désormais dotée d’une fontaine, un grand espace piétonnier a été aménagé. Dès l’ouverture, on a vu familles et skateurs s’y précipiter, explique Pierre-Alain Trévelo. En devant l’épicentre des rassemblements, la place dépasse en quelque sorte les espérances de l’architecte parisien, qui en conclut qu'«il ne faut pas avoir peur du vide.»

Décloisonné et ouvert, l’espace de la place de la République reste disponible pour que plusieurs choses s’y passent en même temps, assure Pierre-Alain Trévelo. Les militants qui se sont emparés de l’espace ne l’ont pas fait dans un esprit d’appropriation, mais avec la volonté de continuer à le partager.

(Y. R.)

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