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L'humoriste romand Yann Marguet pose à l'issue d'une conférence de presse de la ville de Lausanne sur le lancement d'une campagne contre le harcèlement de rue, lundi 30 avril 2018.
© LAURENT GILLIERON/Keystone

Sensibilisation

Lausanne s'active contre le harcèlement de rue 

La capitale vaudoise veut faire figure de pionnière dans la lutte contre le harcèlement dans l’espace public. Avant les actions concrètes, elle lance une campagne de sensibilisation

Et si le harcèlement de rue appartenait bientôt au passé? C’est la volonté de la commune de Lausanne qui lance une campagne de sensibilisation sur le sujet. Une vidéo humoristique à partager sur les réseaux sociaux, destinée à un large public (auteurs, victimes et témoins), met en scène un espace fictif – le Musée du harcèlement de rue – où un groupe de visiteurs suit une visite guidée sous la conduite du célèbre humoriste romand Yann Marguet.

Le guide s’arrête devant des statues représentant des cas de harcèlement et commente: «Le comportement primitif du harcèlement de rue peut prendre diverses formes avec la main aux fesses, grand classique, la caresse dans les cheveux non sollicitée, etc. Toutes ces choses rappellent ce type de harcèlement d’époque exercé sur la voie publique à l’encontre, le plus souvent, des femmes.» Une étude en 2016 avait révélé que 72% des Lausannoises subissaient des remarques à caractère sexuel dans les lieux publics.

La visite se poursuit, le guide Marguet aborde la notion de consentement et l’inaction des passants. «Ce qui est très intéressant, reprend-il, c’est que les gens dans l’espace public avaient extrêmement peur d’agir, de dénoncer des actes qui, jusqu’à une certaine époque, étaient complètement normaux.»

Une campagne à 50 000 francs

Intitulée «Musée du harcèlement de rue, ouverture au plus vite», la campagne de sensibilisation d’un montant de 50 000 francs illustre la volonté de la ville de voir l’espace public rester un lieu accessible et accueillant. Un groupe de travail comprenant des organisations actives dans le milieu de la prévention, de la mobilité et de la nuit a planché sur la question depuis mars 2017; le concept de campagne a, lui, été trouvé et réalisé par Yann Marguet, avec les studios Messieurs.ch. «Le harcèlement, si l’on écoute autour de nous, tout le monde a compris ce que c’était et personne n’y participe, ironise Yann Marguet. On a alors cherché à traiter du phénomène sans stigmatiser certains groupes.»

Outre la vidéo diffusée sur internet, la campagne de sensibilisation se déploiera dans toute la ville via un affichage, la diffusion d’un spot dans les Transports publics lausannois ainsi que la distribution d’un dépliant d’informations. Une brochure qui a pour objectif de clarifier les contours du phénomène et de résumer les possibilités de poursuite pénale, selon le type de manifestation du harcèlement de rue.

Formulaire controversé

La campagne de sensibilisation est la première mesure des actions de lutte préventives et répressives annoncées en décembre par la municipalité lausannoise contre le harcèlement de rue.

Lire aussi: Lausanne prend des mesures contre le harcèlement de rue

Suivront la formation des acteurs de sécurité, la prévention dans les classes et la mise à disposition d’un formulaire de signalement sur internet. Formulaire sur lequel s’est brièvement épanché Pierre-Antoine Hildbrand lors de la conférence de presse. «Ce moyen est un peu controversé car si vous êtes en danger ou témoin d’une scène de violence, le réflexe doit rester l’appel du 117. Remplir le formulaire de dénonciation ne doit pas donner un faux sentiment de sécurité», a exprimé le municipal.

Dossier
Harcèlement et agression sexuels, la loi du silence

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