Les grands chantiers vont se multiplier à Lausanne. Ils s’étaleront sur une vingtaine d’années. Les projets lancés au début des années 2000 se concrétisent. Les autorités discutent argent, cherchent les investisseurs, fixent les échéances.

Quatrième cité de Suisse avec 1370 000 habitants au sein d’un canton de 720 000 personnes en pleine croissance, la capitale vaudoise devrait dépasser les 150 000 résidents en 2030. Ses besoins en transports publics, en équipements culturels et sportifs se font pressants. La maîtrise du marché du logement devient primordiale face à une pénurie encore plus sévère qu’à Genève (lire interview, ci-dessous).

Sur le plan des infrastructures, le projet Métamorphose sert de colonne vertébrale au redéploiement de la ville. Annoncé en 2007, ce vaste dessein prévoit au bord du Léman un stade de 13 000 places avec une piscine olympique couverte et de l’habitat. Un écoquartier surgira au nord, ainsi qu’un deuxième stade et une salle polyvalente. Enfin, un troisième métro (M3) s’élancera entre le Flon et l’aérodrome de la Blécherette.

D’autres friches s’ouvrent également autour de cet axe. Un gratte-ciel de 85 mètres (la tour Taoua) se profile dans le périmètre du Palais de Beaulieu qui a entrepris sa réfection complète. Le CHUV se densifie. La gare CFF sera agrandie. Le nouveau Musée cantonal des beaux-arts se dressera sur les voies du chemin de fer. Un tram reliera le cœur de la ville à Renens en passant par la plaine de Malley, promise à une forte urbanisation. Là précisément où une nouvelle halte CFF, dès fin juin, marquera l’essor du RER vaudois. Un ecoaquapôle et un planétarium baliseront l’entrée septentrionale de la ville. Et des éoliennes turbineront du courant dans le Jorat voisin.

Ces travaux d’Hercule se chiffrent en milliards de francs. Même si Confédération, canton et communes participeront à certaines dépenses, en matière de transports principalement, la capitale est appelée à en couvrir une partie importante. Les visions les plus audacieuses doivent maintenant affronter la réalité des budgets et des planifications. Les magistrats planifient les financements. Car il faudra échelonner les ouvrages et répartir les ressources, explique Olivier Français, municipal des Travaux.

Les projets devront résister également aux oppositions qui ne manqueront pas de se manifester au moment des mises à l’enquête ou de l’approbation des crédits de construction. Le nouveau stade de Vidy, comme le sort de la Pontaise ou la création d’une autre enceinte pour l’athlétisme au nord (site de Tuilière) suscitent la controverse. Métamorphose, en tout cas, pourra se prévaloir au moins du consentement populaire, sorti des urnes en septembre 2009.

Les projets doivent maintenant affronter la réalité des budgets