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A Lausanne, six réfugiés dans une église

Le gouvernement vaudois s’engage sur les conditions de retour des «cas Dublin»

A Lausanne, six réfugiés dans l’église

Vif il y a quelques années, le débat sur l’asile semblait avoir disparu de la scène politique vaudoise. Jusqu’à l’occupation il y a quelques semaines de l’église lausannoise de Saint-Laurent par le «Collectif R» et six requérants d’asile originaires d’Erythrée et d’Ethiopie.

Cette action entend dénoncer le sort des «cas Dublin», visés par le renvoi dans leur premier pays d’arrivée, alors qu’ils pourraient prétendre, en Suisse, à une admission provisoire au moins.

Le Conseil d’Etat vaudois semble avoir opté pour laisser s’éteindre de lui-même un mouvement d’ampleur limitée. Mais le collectif de soutien voudrait en faire un cas d’école, poussant les autorités à se démarquer officiellement du droit en vigueur. Il cherche même à dresser une autorité cantonale contre une autre, depuis que le Grand Conseil a accepté une résolution contre les renvois, que les défenseurs des requérants somment le Conseil d’Etat de respecter.

«Priorisation» pénale

Le gouvernement vaudois, qui a une majorité de gauche et le sens de la nuance, a répondu qu’il n’entendait pas se dresser à lui seul contre les Accords de Dublin. Mais qu’il faisait un usage modéré des mesures de contrainte et qu’il portait une grande attention aux conditions du renvoi. Une ONG, dont l’identité n’est pas communiquée tant que le contrat n’est pas signé, sera mandatée pour vérifier celles-ci, en Italie notamment.

Avec la «priorisation» cantonale des renvois, les cas pénaux graves sont visés en premier, suivis par les cas pénaux légers puis les hommes célibataires. Vaud a renvoyé 750 personnes en 2014, dont un tiers sortait directement de prison. Cela ne l’empêche pas de figurer en tête du palmarès intercantonal des mauvais élèves en matière de renvois, une position qui lui avait valu des ennuis avec la Confédération au début des années 2000.

40% des requérants qui lui sont attribués sont des cas Dublin, dont la moitié est entrée en Europe par l’Italie.

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