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La Place de la Riponne, à Lausanne, ici en 2007.
© GAETAN BALLY

Urbanisme

A Lausanne, trois regards sur l'avenir de la place de la Riponne

La Ville de Lausanne lance un projet d’envergure pour transformer la plus vaste et controversée de ses places. Premières idées, avant le concours d’urbanisme qui sera lancé en 2018

Les Lausannois n’aiment pas leur place de la Riponne, que l’ancien syndic Daniel Brélaz qualifie même de «désert de béton» au cœur de la ville. L’installation de quelques food trucks et l’ouverture récente d’un club techno ne suffisent pas à lui rendre son âme. Admettant que cette place «ne répond plus aux exigences de l’urbanisme moderne», la Municipalité de la capitale vaudoise tente de remédier à cet échec urbaniste avec un projet de grande envergure. Une démarche participative commence, en préambule du concours d’urbanisme qui sera lancé en 2018.

En images: notre galerie photos, la place au fil des siècles.

C’est a priori une véritable métamorphose qui attend d’ici à 2026 l’ancien poumon de la capitale olympique. Inaugurée en 1838 pour répondre à un besoin d’espace, la Riponne revêtira plusieurs fonctions au fil de son évolution: fusion du rural et de l’urbain, la place abrite initialement le marché et sa célèbre halle aux grains. Par la suite, elle fait office de parking à ciel ouvert, tout en accueillant foires, bals, exposition de bétail, d’art et de sport. Mais le temps passe, l’effervescence faiblit et cesse. Comment lui redonner un nouveau souffle? Pour Le Temps, trois personnalités issues du milieu de la culture et du design donnent leur réponse.


Nicole Minder, cheffe du Service des affaires culturelles du canton de Vaud: «Au cœur du patrimoine culturel»

«D’une part, la Riponne accueille le marché, qu’il est important de préserver car il est le cœur de la mixité sociale. Mais la place est également entourée de bâtiments publics liés au patrimoine culturel, au savoir et à la découverte: l’Espace Arlaud accueille des expositions culturelles, tout comme le Palais de Rumine, qui abrite plusieurs musées scientifiques et historiques, ainsi que la Bibliothèque cantonale et universitaire. C’est un environnement exceptionnel, qui est complémentaire au futur Pôle muséal «Plateforme 10», près de la Gare. Il est indéniable que cette place est vitale et historique: elle a un grand potentiel. Je pense que la Riponne pourrait être la solution face au manque d’espace pour l’organisation de certains festivals, tels que BD-Fil et les Urbaines, ce qui prolongerait sa fonction culturelle.»


Patrick Heiz, architecte, fondateur du bureau genevois Made in: «Un marché couvert pour le commerce local»

«La Riponne doit servir de lieu d’échange et constituer un pivot entre la ville et la campagne. Le marché de Lausanne s’étale comme un serpent, où le pain se trouve à 4 km des carottes: cela empêche une vraie vie commerciale. C’est pourquoi je propose la création de halles qui abritent des événements réguliers, comme le marché, mais aussi des événements ponctuels, comme des concerts ou des festivals. Mais le plus important est de ne pas uniquement aménager une infrastructure fonctionnelle, mais de créer un projet identitaire, qui véhicule un message. Les villes ont tendance à se développer en périphérie et vers les gares, au détriment du centre historique, que l’on oublie. Par ailleurs, face à l’omniprésence d’enseignes internationales, ce marché couvert permettrait de donner un signal fort aux citoyens: le terroir a aussi sa place au cœur des villes.»


Alexis Georgacopoulos, designer et directeur de l’ECAL: «Un amphithéâtre pour prendre de la hauteur»

«La Riponne est un projet périlleux car elle est située dans une zone délicate, en contrebas, dans un creux. Miser sur un projet esthétique, en installant des éléments superflus, comme de la végétation, des lampadaires et des bancs, est une erreur. Je pense qu’il est intéressant de jouer sur les hauteurs et les perspectives. Il faudrait trouver une solution pour surélever cette place, prendre de la hauteur et respirer. Nous pourrions, par exemple, aménager un amphithéâtre. Il permettrait aux citoyens de s’asseoir, se ressourcer, et leur offrirait également une vision différente sur la place. Je pense qu’il serait également bénéfique de changer de perspective, en dirigeant les gradins vers le Palais de Rumine.»

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