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Lausanne, une ville endettée et vorace

Face à un canton bon élève, Lausanne joue les cancres en matière de finances

Une vue de la cathédrale de Lausannne — © Keystone
Une vue de la cathédrale de Lausannne — © Keystone

S’il est un domaine dans lequel Lausanne flirte avec les sommets, c’est celui de la charge fiscale. Avec un taux d’impôt de 79, la ville se situe dix points au-dessus de la moyenne cantonale. Les autres villes vaudoises offrent à leurs habitants un régime plus avantageux. Seules quelques communes rurales pauvres dépassent la cote de 80.

La comparaison avec Genève n’est pas flatteuse. Au bas de l’échelle, 25% des Lausannois échappent à l’impôt, alors qu’ils sont plus du tiers à Genève. Pour la classe moyenne, elle peut-être jusqu’à deux fois plus taxée. C’est le cas d’un contribuable marié avec deux enfants et un revenu brut de 120 000 francs. Il faut aller jusqu’à un revenu de 200 000 francs pour que la fiscalité des chefs-lieux lémaniques s’harmonise, Lausanne restant toujours un peu plus chère toutefois.

Recettes fiscales en recul

Le haut fait officiel des années Brélaz est donc de ne pas avoir augmenté les impôts. De baisse, il ne va pas en être question. Car des soucis se présentent. Globalement, les recettes fiscales sont en recul. «Il y a trop de logements subventionnés», dénonce la droite. La Ville admet, en présentant ses comptes 2014, qu’elle s’appauvrit. La baisse annoncée de l’impôt sur le bénéfice (RIE III) ne va rien arranger. La commune risque d’y perdre plusieurs dizaines de millions. Seul le renforcement de la péréquation intercommunale, que le canton propose pour répondre notamment au souci de la capitale, rend le sacrifice acceptable.

Sous pression de la Confédération, Lausanne a pris en main le redressement de sa caisse de pensions. Cela a nécessité par trois fois des injections de capital et de patrimoine immobilier, et plombé pour longtemps les finances communales. La gestion précautionneuse de Florence Germond a remis celles-ci dans les chiffres noirs ces dernières années. C’est aussi grâce aux très bas taux d’intérêt. Car la dette lausannoise culmine à 2,5 milliards de francs. Cela fait de la capitale un cancre face au bon élève qu’est le canton, lequel a réduit la sienne au-dessous du milliard de francs.

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