Lausanne a beau renforcer ses effectifs de police et sa politique de sécurité, elle ne parvient pas à échapper à cette palme infamante: elle est depuis 2013, selon un classement de l’Office fédéral de la statistique, la ville la moins sûre de Suisse.

Un placement auquel la capitale vaudoise rétorque sur deux plans. Elle conteste la méthode de travail, qui ne tient pas compte de la manière diverse qu’ont les cantons de comptabiliser les infractions et fausse donc les résultats. Elle met aussi en avant l’amélioration de la situation: création de nouveaux postes et baisse de 18% des infractions au code pénal ces dernières années. Tout en admettant avoir connu un vrai décrochement, elle assure qu’elle se rattrape.

Promesse imprudente

C’est en tout cas le discours Grégoire Junod, candidat syndic, depuis qu’il a repris en 2012 le dicastère dont le popiste Marc Vuilleumier ne voulait plus. Comprenant que la situation risquait de lui échapper, la gauche majoritaire a fini par donner une inflexion plus sévère à son approche de la sécurité. Au point que certains camarades non lausannois n’hésitent pas à parler de la «gauche matraque» au pouvoir dans la ville.

Cela n’empêche pas la problématique de l’ordre public de rester l’un des points faibles des années Brélaz. La sécurité, la présence des dealers, celle des mendiants et la saleté ambiante sont peut-être des problèmes distincts, ils ne se mêlent pas moins pour composer la face négative dans l’image de Lausanne. Le syndic se voit reprocher d’avoir partagé durant trop longtemps l’angélisme de la gauche, voire une forme d’insensibilité aux questions d’ordre et de civilité. Un jour, Daniel Brélaz a promis de faire disparaître en quelques mois des rues commerçantes les trafiquants des drogues, qui n’en ont paru que plus nombreux depuis cette bien imprudente déclaration. Quant aux mendiants, que la Ville ne voulait surtout pas interdire, ils ont donné lieu à un règlement aussi minutieusement détaillé qu’insuffisamment respecté.

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