Nouveaux visages au Palais fédéral

L'autonomie des votes de Denis de la Reussille

Le président du Locle est affilié au groupe des Verts, mais il a les faveurs des patrons de l’industrie et obtient des voix à droite. Il compte peser de tout son poids sur le développement des infrastructures de transport

A 55 ans, le président du Locle a franchi la porte du Palais fédéral lundi. A vrai dire, cela faisait plusieurs années que l’on pressentait qu’il débarquerait un jour à Berne. Le popiste n’est pas qu’un représentant de l’extrême gauche. Au Locle, il a obtenu les faveurs des patrons de l’industrie et obtient des voix à droite. Et il revendique sa singularité, car, contrairement à la gauche traditionnelle, il défend par exemple le développement des infrastructures routières dans sa région.

Il était naturel pour lui d’intégrer le groupe des Verts. «L’accueil a été superbe. A Neuchâtel, les Verts, le POP et SolidaritéS travaillent depuis quinze ans ensemble», rappelle-t-il. Mais il a posé ses conditions. «J’ai demandé à garder mon autonomie de vote. J’ai toujours défendu la mobilité sur ses deux jambes. Nous avons besoin d’un réseau ferroviaire et routier moderne. Au Grand Conseil neuchâtelois, la majorité des Verts a soutenu l’évitement du Locle et de La Chaux-de-Fonds. Comme la douane du Col-des-Roches est un lieu de passage important, nous voyons des centaines de camions traverser notre ville», justifie-t-il.

Culture, formation et transports

Au parlement fédéral, en plus d’un intérêt pour la formation et la culture, il compte peser de tout son poids sur le développement des infrastructures de transport. Il se sent investi de cette mission pour son canton, dont le nouveau projet de mobilité devra encore se faire sa place à Berne. Le contexte est difficile: la population neuchâteloise a dit non à la liaison ferroviaire rapide Transrun en 2012, le contournement du Locle et de La Chaux-de-Fonds a été suspendu après le refus de relever le tarif de la vignette à 100 francs et le canton a perdu l’un de ses cinq conseillers nationaux pour raison d’atonie démographique.

Le mandat de conseiller national lui permet de rester maire du Locle, fonction qu’il exerce à 50%. Mais une réforme est en cours, qui la porterait à 80%. «J’ai les ressources et la volonté d’assumer ces deux mandats à 50% chacun. Mais on verra ce qui se passera d’ici aux élections communales de juin 2016», conclut-il.

Publicité