Inauguration

L’autoroute traverse le Jura de part en part

Doris Leuthard a coupé lundi le dernier ruban, rendant l’entier de la Transjurane carrossable sur le territoire du canton du Jura, soit 48 kilomètres de Boncourt à Choindez, à la frontière bernoise

Il y a vingt ans, pour traverser le canton du Jura du nord au sud, de la frontière française à la frontière bernoise, il fallait une bonne heure de route, franchir douze localités et le col des Rangiers. Désormais, de Boncourt à Choindez, on ne quitte plus l’autoroute et ses dix tunnels, et le temps de parcours est pratiquement divisé par deux.

Lundi de Sainte-Barbe, la conseillère fédérale Doris Leuthard a coupé le ruban d’inauguration de l’ultime tronçon de Transjurane sur sol cantonal jurassien, de Delémont à la frontière bernoise, 4,9 kilomètres dont plus de trois en tunnel, pour éviter Courrendlin et Choindez.

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Après trente ans de travaux, l’A16 et ses 84,5 kilomètres seront intégralement terminés le 3 avril 2017, lorsque la section de 9,4 kilomètres entre Court et Loveresse, dans le Jura bernois, sera ouverte au trafic. Le chantier global aura coûté 6,5 milliards de francs.

Pour le canton du Jura, qui avait fait de la construction de l’autoroute A16, à sa création en 1979, l’un de ses principaux combats politiques, le 5 décembre 2016 est «historique», comme l’a souligné le président du gouvernement, Charles Juillard. «Notre autoroute est terminée», a-t-il scandé. «Le monde est désormais idéalement connecté au canton du Jura», a renchéri le ministre de l’Environnement, David Eray.

Main tendue à Moutier

Entre autres messages politiques délivrés, le Jura affirme se rapprocher de Moutier, commune bernoise qui décidera le 18 juin 2017 si elle change de canton et intègre le Jura. «Nous voilà à 7 minutes de Moutier, juste de l’autre côté du tunnel», affirme le maire de Delémont, Damien Chappuis. Le Jura avait convié le maire autonomiste de Moutier, Marcel Winistoerfer, qui s’est demandé avec humour si sa ville «penchait déjà du bon côté, avec ce lien autoroutier».

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«Il fallait le faire et vous l’avez fait, s’est exclamée la conseillère fédérale Doris Leuthard. C’est du bon boulot, vous pouvez être fiers. Cette autoroute est étroitement liée à votre histoire et votre combat politique pour de meilleures voies de communication.»

La ministre en a profité pour appeler à voter en faveur du fonds d’infrastructures routières Forta, le 12 février prochain. Le Jura pourra en bénéficier, car il souhaite une voie rapide d’une trentaine de kilomètres vers Bâle. Forta l’intégrera dans son réseau.

Signature pour le rail

Jouant la complémentarité route-rail, le Jura a signé, ce même lundi, une convention pour la réhabilitation de la ligne ferroviaire entre Delle et Belfort, sur sol français. Démantelée en 1992, elle sera opérationnelle en décembre 2017, après des travaux pour 110 millions d’euros, dont 24,7 versés par la Confédération et 3,2 par le Jura.

Paraphée par la présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay, et le directeur suppléant de l’Office fédéral des transports, Pierre-André Meyrat, la convention prévoit une desserte de seize trains quotidiens entre Bienne et Delle, via Delémont et Porrentruy, dix d’entre eux allant jusqu’à la gare TGV de Méroux, de laquelle il ne faut plus que 2h20 pour rallier Paris. La SNCF assure l’autre part de l’exploitation de la ligne, entre Delle et Belfort.

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