La Suisse et l’Autriche ont de nombreux points communs. L’afflux de main-d’œuvre étrangère en est un. Ce fut l’un des thèmes abordés par les présidents des deux pays jeudi à Berne. Comme le veut la coutume, le nouveau président autrichien Alexander Van der Bellen, qui avait certes rencontré le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker lundi à Bruxelles, a réservé à la Suisse sa première visite officielle dans un Etat étranger.

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Lors de ses entretiens avec Doris Leuthard, il a été question de la libre circulation des personnes, de la mise en œuvre de l’initiative de l’UDC sur l’immigration et du statut des travailleurs détachés, qui cause beaucoup de soucis à l’Autriche. Le chancelier social-démocrate Christian Kern a déclenché une tempête en janvier lorsque, devant les membres de son parti, il a évoqué l’idée d’accorder la préférence indigène dans les branches connaissant un taux de chômage élevé.

Ce modèle a longtemps été privilégié en Suisse pour mettre en œuvre l’article constitutionnel sur l’immigration, avant d’être abandonné au profit d’une solution qui met l’accent sur l’annonce des places vacantes et accorde la priorité à aux chômeurs indigènes pour leur attribution. Comme il l’a dit lundi à Jean-Claude Juncker, Alexander Van der Bellen a expliqué jeudi qu’il ne s’agissait pas d’une proposition du gouvernement mais d’une idée évoquée par le chancelier devant son parti.

Nucléaire au menu

L’Autriche ne veut pas limiter la libre circulation, assure-t-il. Toutefois, l’arrivée de travailleurs détachés engagés à des prix de dumping pose des problèmes. L’édition autrichienne de la «NZZ» a rappelé que cette situation risquait de chasser du marché du travail des étrangers établis, par exemple des Turcs ou des ressortissants des Balkans, exerçant une profession peu qualifiée. «Cela nous pose des problèmes du point de vue des assurances sociales», résume le président autrichien, qui a exprimé sa «satisfaction» pour la solution souple trouvée par le parlement suisse, car elle respecte la libre circulation.

Doris Leuthard et Alexander Van der Bellen ont fait le point sur la situation migratoire en Europe, le Brexit, dont les conséquences sont encore floues, et le prochain redémarrage de la centrale nucléaire de Leibstadt, à laquelle le Land autrichien du Vorarlberg s’oppose. Le président autrichien, qui se rend vendredi chez Roche et à l’EPFZ, a encore assuré que son pays soutiendrait la candidature de la Suisse au Conseil de sécurité de l’ONU.

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Proche des Verts, Alexander Van der Bellen, 73 ans, a été élu en décembre. Il a battu son rival nationaliste du FPÖ Norbert Hofer, qu’il avait déjà devancé lors d’une première élection qui avait été annulée pour cause d’irrégularités.