Cette fois, c'est écrit noir sur blanc. Les cantons de Vaud et de Genève se disent prêts à examiner un préfinancement cantonal, rémunéré et remboursable, de la 3e voie CFF Lausanne-Genève. Un communiqué commun des deux gouvernements a confirmé jeudi l'annonce faite une semaine plus tôt par les conseillers d'Etat François Longchamp et Pascal Broulis lors du Forum des 100 organisé par L'Hebdo (LT du 23.05.2008).

Les deux exécutifs manifestent plus largement l'intention d'envisager des financements communs pour des infrastructures suprarégionales. Outre la 3e voie, l'aéroport de Genève et Palexpo sont mentionnés expressément. Pour le premier, on envisage des facilités de financement vaudoises qui restent à définir. Pour le second, il est question de faire entrer Vaud dans le capital de la société Palexpo SA qui vient d'être constituée.

Les infrastructures culturelles sont évoquées comme un autre champ de réflexion. Aucun exemple n'est visiblement assez mûr pour être cité. Le futur Musée des beaux-arts de Lausanne fait l'objet de spéculations. De source vaudoise, on souligne en tout cas le rôle qu'ont aujourd'hui les grandes attractions culturelles dans le développement économique et l'on ne doute pas du rayonnement régional qu'aura le musée s'il voit vraiment le jour.

Priorité absolue

Vaud et Genève qualifient la 3e voie CFF de «priorité absolue». Ce communiqué commun tombe juste avant le débat du Conseil des Etats sur le financement de la 2e étape de Rail 2000.

Interrogé par la Radio romande, André Simonazzi, le porte-parole de Moritz Leuenberger, a accueilli «avec plaisir» la nouvelle position des cantons lémaniques en faveur du rail. Mais cette offre est-elle recevable?

Le représentant du conseiller fédéral s'est voulu encourageant. Certes, un préfinancement tel qu'envisagé n'est actuellement possible que pour des projets déjà approuvés par la Confédération. Néanmoins, l'élargissement de ces conditions serait à l'ordre du jour au parlement. Zurich, lui, cofinance carrément sa gare souterraine en en finançant un tiers. Mais aller si loin n'est pas dans les intentions lémaniques.

Formulation vague

Dans le texte à la fois long et vague du communiqué officiel Vaud-Genève, chaque mot semble avoir été pesé. Il fallait satisfaire non seulement chaque canton, mais chaque conseiller d'Etat. Le tout sans donner l'impression de trahir les engagements pris dans le cadre romand.

Le soir du Forum des 100, il apparaissait que certains ministres cantonaux étaient pris de court par l'annonce faite par les deux magistrats radicaux. Le Vert François Marthaler, patron du Département vaudois des infrastructures, s'était publiquement déclaré opposé à toute démarche en vue d'un financement autonome, la 3e voie étant du ressort de la Confédération. Le communiqué de jeudi stipule nettement qu'il s'agirait d'un prêt rémunéré et écarte toute mise à fonds perdu. Est-ce dans le même souci que, dans une curieuse formule, les deux gouvernements se déclarent disposés à examiner un préfinancement, «s'ils étaient appelés par la Confédération à le faire»?

Quant à la volonté de voir ces travaux se réaliser «dans le contexte global de la mise en valeur du réseau ferroviaire sur le Plateau suisse», elle est destinée aux cantons voisins. La Conférence des transports de Suisse occidentale, que préside justement François Marthaler, a toujours défendu en bloc cinq options d'extension prévue par le projet ZEB. La 3e voie Lausanne-Genève s'y trouve sur pied d'égalité avec l'amélioration de la ligne au nord du lac de Bienne ou le doublement de celle du Lötschberg.