Droits politiques

L’avenir de RASA se joue lundi

Le texte qui veut revenir sur le vote du 9 février 2014 est rejeté par les deux Chambres du parlement fédéral sans contre-projet. C’est l’heure de vérité pour le comité d’initiative

Lancée très peu de temps après le vote sur «l’immigration de masse» en 2014 dans l’idée de corriger ce scrutin, l’initiative populaire RASA restera-t-elle un ovni de la politique fédérale? Après le National, le Conseil des Etats a rejeté ce texte jeudi, tout comme la proposition de contre-projet qui émanait de sa commission préparatoire.

Risque d'autogoal

«L’objectif de l’initiative est atteint. Nous sommes sortis de l’impasse», estime Raphaël Comte (PLR/NE). Une majorité des conseillers aux Etats juge problématique d’un point de vue démocratique de faire revoter les Suisses trois ans après le fameux scrutin sur la migration. Elle craint l’autogoal: que RASA fasse un score si faible dans les urnes qu’elle renforce au final les revendications de l’UDC. Une minorité désigne l’article actuel sur la gestion de la migration comme un corps impur dans la Constitution, une épée de Damoclès qui pèse sur les relations internationales du pays. En vain.

Lire aussi: Le National s’attaque à l’initiative RASA et ses contre-projets

Les projecteurs sont désormais braqués sur le comité d’initiative. Ce dernier peut, à la majorité de ses dix membres, retirer son texte et éviter ainsi une votation populaire. Il se réunira lundi pour prendre une décision. Il a affirmé jusqu’ici qu’il maintiendrait son initiative si le parlement ne lui opposait pas de contre-projet direct. Mais la réalité le rattrape, celle d’un comité civil, sans réseau dans la Berne fédérale et basé sur le bénévolat.

«Nous devons selon moi aborder deux aspects: pose-t-on avec notre initiative une question claire au peuple et est-on capable de faire campagne? J’y réponds pour ma part par la négative», indique un membre du comité. D’autres réservent leur opinion pour la séance de lundi. Au vu des débats politiques, la décision d’un retrait pourrait donc rimer avec un soulagement personnel pour certains initiants. Mais aussi avec une amertume sur le fond. «On ne m’a pas encore expliqué comment le processus démocratique aurait pu être mieux suivi dans le cadre de l’initiative RASA», illustre Sean Serafin, l’un des initiants.

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