Le 24 avril, les citoyens de la Ville de Genève se prononceront sur le référendum contre un prêt de 2,5 millions pour la Fondation du Stade de Genève. Le comité référendaire est composé d'une partie de l'Alliance de gauche – essentiellement SolidaritéS –, des Verts, des Communistes, de Sport et santé pour toutes et tous et de la Fédération des associations de quartier et d'habitants. Ce prêt de la Ville à destination du stade de la Praille conditionne celui de Credit Suisse (2,5 millions), les 3 millions que pourrait rajouter Jelmoli contre des avantages en nature et une somme encore non connue versée par la Fondation Hippomène.

Dans son argumentaire, le comité référendaire dénonce les évolutions du dossier: «prise en otage de la collectivité publique», «racket institutionnalisé». Il s'appuie pour cela sur les chiffres fournis par le rapport de la Commission de contrôle de gestion du Grand Conseil au sujet du Stade de Genève présenté par les députés Ivan Slatkine et Sami Kanaan. Selon les référendaires, les collectivités publiques auraient, pour le stade, déjà contribué à fonds perdus pour plus de 60 millions. Alors qu'il était censé ne rien coûter aux contribuables. Le canton a investi 46 millions, la Confédération 5 millions, la commune de Lancy 6 millions et celle de Genève 3 millions.

De plus, la Fondation du Stade deviendrait probablement de droit public. Ce qui reviendrait, assure le comité référendaire, à rendre ses déficits et son coût d'exploitation publics. Ils parlent en l'espèce d'un «principe de socialisation des pertes». Les référendaires trouvent d'autant plus inadmissible d'investir à fonds perdus dans un stade qu'ils ne considèrent pas viable, alors que l'on coupe drastiquement dans les budgets sociaux.

Le coauteur du rapport de la Commission de contrôle de gestion, Sami Kanaan, s'oppose clairement au référendum. Par pragmatisme. Il fait remarquer que la Ville de Genève est l'instance publique qui a le moins contribué au financement du stade jusqu'à maintenant. Plus préoccupant selon lui, si le prêt de 2,5 millions mis en votation était refusé, la situation risquerait de devenir intenable pour la Fondation du Stade. Et il est vraisemblable qu'en fin de compte ce soit le canton qui doive passer à la caisse afin d'éviter la faillite. Sami Kanaan prédit que, «si la Ville n'y met pas du sien, il pourrait y avoir un retour de balancier sur d'autres objets de la part du canton».

Au final, la Fondation du Stade devra réunir les11,5 millions que lui demande l'entreprise de construction Zschokke. Si elle n'y arrive pas, elle pourrait être mise en faillite. Ses avoirs – principalement le stade – pourraient donc être mis aux enchères, ou tomber dans l'escarcelle du plus gros créancier, en l'occurrence l'entreprise Zschokke elle-même.