genève

L’avion détourné avait un réacteur en panne, selon le pirate de l’air

Le Boeing d’Ethiopian Airlines n’avait que très peu de carburant, avance le copilote dans une conversation entre la tour de contrôle et l’appareil. Les autorités suisses ont mis des dizaines de minutes à délivrer une autorisation d’atterrissage (avec bande sonore)

«Nous essayons d’avoir une réponse [à la demande d’asile, ndlr] mais il n’est pas facile de joindre les autorités suisses. Car tout le monde dort. […] Nous faisons au mieux pour les joindre.» Voilà les propos d’un contrôleur de l’Aéroport international de Genève (AIG) auxquels Le Temps a pu avoir accès lorsque ce dernier s’adressait au cockpit du Boeing détourné de la compagnie aérienne Ethiopian Airlines, lundi matin.

(Enregistrement de 5 minutes, tiré d’une bande audio plus longue, sans montage, seuls les blancs ont été coupés)

Alors que l’appareil ne disposait de carburant que pour «20 minutes» de vol, selon le copilote et pirate de l’air, les autorités ont mis des dizaines de minutes supplémentaires pour finalement délivrer l’autorisation d’atterrissage. Une situation embarrassante selon nos informations.

Toujours selon cette même conversation, et avant d’officialiser sa demande d’asile, le pilote âgé de 31 ans a indiqué que l’un de ses deux réacteurs ne fonctionnait plus.

Des collaborateurs, proches de l’AIG, estiment au contraire que le pirate de l’air a forcé la main du contrôleur aérien, prétextant une panne et des réservoirs presque vides, en vue d’obtenir une autorisation d’atterrissage. «Qu’il bluffe ou pas, c’est un risque qu’il ne faut pas prendre, s’étonne une source proche de l’affaire. Les autorités suisses auraient très bien pu lui donner l’autorisation d’atterrir et lui garantir l’asile comme demandé, sans réellement donner suite à sa requête.»

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