Justice

L’avocate des milliardaires belges, une professionnelle diabolique?

Deux histoires se sont affrontées au procès de Genève. L’une dépeint la vicomtesse Bailo de Spoelberch et ses héritiers comme les naïves victimes d’une conseillère avide. L’autre fait de la prévenue une cible injustement broyée. Le fin mot du tribunal sera connu ultérieurement

Un feu d’artifice pour conclure le procès de Fara, l’avocate belge jugée depuis lundi pour avoir fait main basse sur 815 000 actions au porteur avant de les blanchir à Genève. Du côté des héritiers de l’empire brassicole, le bataillon de plaideurs évoque une professionnelle diabolique qui a influencé et floué ses très riches clients. La défense, un quatuor enrichi par le verbe bruxellois de Me Eric Boigelot, rétorque sur le thème de l’absence de crime préalable. Et de conclure à l’adresse du tribunal: «Racontez-vous la bonne histoire.»

Une cabale ourdie par des ingrats qui attaquent leur ex-avocate en justice pour récupérer un paquet d’actions AB Inbev et s’économiser des honoraires? L’argument fâche assurément les conseils des frères Bailo de Spoelberch. Me Dominique Lecocq rectifie d’emblée: «On a été très modéré. Au début, on a même pensé qu’un des frères avait reçu les 915 000 titres et les avait paumés. On a douté de nos clients.» L’hypothèse ne semblait pas si absurde connaissant le style de vie des héritiers, leurs excès et leur maîtrise très rudimentaire des affaires.