Jusqu’à présent, les perspectives de financement de l’AVS ont été appréciées de manière trop pessimiste, admet le Conseil fédéral, rejoignant les conclusions de l’Union syndicale suisse qui, au début de l’année, estimait que l’avenir de l’assurance vieillesse était assuré jusqu’en 2025. Le Conseil fédéral estime, lui, que la fortune de l’AVS commencera à fondre vers 2020. Vers 2025, les liquidités du Fonds de compensation de l’AVS seront inférieures à 50% des dépenses d’une année. Il faut donc que les mesures à prendre pour garantir la stabilité financière à long terme de l’AVS commencent à déployer leurs effets à partir de 2020 afin de répondre au besoin de financement accru de l’assurance, estime le Conseil fédéral, qui a décidé de lancer les bases d’une révision de l’AVS en ce sens.

Les nouvelles perspectives financières de l’AVS étendent leur évaluation de la situation jusqu’en 2030 en tenant compte des observations les plus récentes sur l’immigration de main-d’œuvre étrangère et sur les mutations structurelles affectant l’économie suisse. Ces deux facteurs contribuent en effet à une augmentation des recettes, mais ils ont été jusqu’à présent sous-évalués dans les calculs prospectifs de l’AVS, précise le communiqué.

Nouvelles hypothèses concernant la migration et l’évolution économique

Jusqu’à présent, les perspectives financières tablaient sur un solde migratoire pour la Suisse de 15’000 personnes par an jusqu’en 2030. On considère désormais qu’il sera de 40’000 personnes. Sur la base de ce scénario dit «moyen», deux autres scénarios ont été calculés («haut» et «bas»), selon que ce solde migratoire varie de plus ou moins 10’000 personnes par an.

Le facteur structurel, quant à lui, permet de prendre en considération non seulement l’augmentation des salaires prévue pour les postes de travail existants, qui augmente les recettes de l’AVS, mais aussi le fait que l’économie crée de nouvelles places de travail mieux rémunérées.

Les nouvelles perspectives financières attestent que des mesures permettant d’équilibrer les comptes de l’AVS seront nécessaires dans un proche avenir. Il est aujourd’hui évident qu’il faudra être capable de répondre aux dépenses croissantes à partir de 2020 et de parer au déficit qui s’ensuivra les années suivantes, selon le Conseil fédéral. Cela laisse encore suffisamment de temps pour y travailler soigneusement, d’entente avec les partis et avec les partenaires sociaux.

Les bases d’une révision de l’AVS allant dans ce sens seront préparées d’ici à la fin de l’année prochaine. Le Conseil fédéral entend soumettre un projet de révision au parlement avant la fin de la prochaine législature.