A chaque occasion, radicaux et démocrates-chrétiens continuent à se livrer, à fleurets mouchetés, un duel à propos de l'AVS. La simultanéité des congrès des deux partis, samedi, a permis une nouvelle passe d'armes entre Franz Steinegger et Adalbert Durrer, selon un scénario et une distribution des rôles qui paraissent désormais bien rodés. Aux radicaux la vertu, la rigueur financière et le souci d'assurer le financement à long terme des assurances sociales. Aux démocrates-chrétiens la conscience sociale et la vocation de gardiens du temple.

Le président du Parti radical a dénoncé samedi à Morges un «populisme de l'AVS», qui visait directement Adalbert Durrer. Le président du PDC a pour sa part, à Delémont, accusé les radicaux de sous-estimer complètement les conséquences d'une atteinte à la substance de l'AVS, «principal acquis social de la Confédération moderne».

Là où Franz Steinegger met au premier rang de ses préoccupations l'avenir de l'institution, soit le financement à long terme de l'AVS, compromis par négation de la réalité ou par égoïsme, Adalbert Durrer insiste sur le sort des assurés. Les radicaux, dénonce-t-il, ne pensent qu'à l'augmentation de l'espérance de vie, mais refusent de prendre en compte la situation des travailleurs, souvent usés avant l'âge actuel de la retraite.

Les deux présidents font néanmoins preuve d'une certaine circonspection et se réservent une marge de manœuvre. Les radicaux n'évoquent pas une élévation de l'âge de la retraite, pomme de discorde essentielle entre les deux partis, dans un avenir proche et précis. Leur préoccupation immédiate est dénier toute urgence, suite à l'embellie économique, à une élévation de 1,5% du taux de TVA pour le financement de l'AVS. Les démocrates-chrétiens, de leur côté, se gardent bien d'exclure absolument, sur le long terme, toute modification des prestations de l'AVS.