«Je ne suis pas la marionnette de Blocher, comme le prétend le secrétaire général du Parti socialiste, Jean-François Steiert; c'est moi qui ai conçu l'initiative des six mois.» Le conseiller national Flavio Maspoli (Lega/TI) a comme l'impression d'être dépossédé d'une paternité bien légitime. C'est lui aussi, affirme-t-il, qui s'est rendu chez Karl Schweri, le patriarche de Denner, pour lui proposer de soutenir «son» initiative relative à la durée séparant le dépôt d'une initiative populaire de sa soumission au peuple. «J'aurais été bête de ne pas le faire», ajoute le député léguiste.

Entre les deux hommes, les liens sont sinon étroits, du moins professionnels. Flavio Maspoli et sa société Medeag assurent en effet, en temps normal, les relations publiques de Denner. Ça aide. De fait, Karl Schweri a réservé bon accueil à l'initiative des six mois: les 600 points de vente du groupe Denner – qui, en plus des magasins du même nom, détient Waro et Franz Carl Weber – participeront à la récolte des 100 000 signatures nécessaires à sa validation. Mais attention, pas de méprise, prévient le conseiller national: «Le mandat qui me lie professionnellement à Denner et mon engagement dans le comité d'initiative des six mois sont deux choses différentes; Karl Schweri me paie pour mon seul mandat.»

Le camp des «six mois» croit en sa bonne étoile. Flavio Maspoli est allé chercher un publiciste italien de 36 ans, Massimo Soncini, pour lui confier la gestion de la récolte des paraphes. Massimo Soncini connaît la chanson. Il était de la partie contre la création d'un contingent de casques bleus, partie gagnée par le comité référendaire en 1994. «Ami» du léguiste, l'Italien prétend avoir reçu en une semaine 10 000 appels (par téléphone, fax et e-mail) de gens demandant qu'on leur retourne des formulaires de signatures. A cette cadence-là, le cap des 100 000 paraphes pourrait être atteint en 40 ou 45 jours, veut croire Massimo Soncini.