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Energie

L’eau du Léman contribuera mieux à la stabilité électrique en Europe

L’agrandissement du site de pompage-turbinage de l’Hongrin-Léman sur la commune de Veytaux dans le canton de vaud arrive à mi-chemin. Il coûtera 331 millions de francs. Une journée portes ouvertes est organisée dimanche 1er septembre

L’endroit, enterré dans la falaise en face du château de Chillon, est stratégique. Plus militairement, mais pour la régulation de la demande d’électricité en Suisse et en Europe. Géré par Alpiq, propriétaire des lieux (39,3% du capital) avec Romande Energie (41,1%), le groupe E et la ville de Lausanne, le projet de doublement de la capacité de la centrale électrique de l’Hongrin-Léman (FMHL), présenté mercredi à la presse, prend forme. La mise en service est prévue en 2015.

«La salle des machines est plus grande que la cathédrale de Lausanne», souligne Alain Jaccard, chef du projet devisé à 331 millions de francs. Durant la journée portes ouvertes organisée dimanche prochain, les visiteurs chemineront dans d’imposantes cavernes et pourront imaginer le circuit de l’eau, aller-retour entre le barrage de l’Hongrin, situé 800 mètres plus haut, et le Lac Léman à leur niveau. Ce processus réversible de pompage turbinage, soit le remplissage du lac du barrage par l’eau du Léman qui s’ajoute aux apports de rivières vaudoises et fribourgeoises, ou la production d’électricité par turbinage, sera amplifié.

Puissance doublée

La puissance des installations passera de 240 mégawatts (MW) à 480 MW. De quoi produire 1 milliard de kWh par an. «Cet ouvrage est fondamental pour satisfaire la volatilité de la demande de courant électrique et équilibrer le réseau, affirme Pierre-Alain Urech, président de FMHL et patron de Romande Energie. Mais il faut avouer qu’il ne contribuera pas à augmenter la quantité d’énergie globale produite». C’est à la fois la contradiction et l’utilité du système. Il y a en effet davantage de courant consommé (+ 20%) pour faire remonter l’eau du Léman dans le barrage que d’électricité produite en «descente» par turbinage. Absurde? Non car si le prix du kWh facturé au consommateur final ne varie pas, ce n’est pas le cas pour les grossistes en électricité et les producteurs. Ils doivent faire face à des variations importantes selon les heures de la journée ou les saisons. La différence de prix, soit «pomper» avec du courant bon marché (5 centimes le kWh) et «turbiner» à 12 centimes lorsque la demande est très forte rend l’installation rentable. Mais depuis l'effondrement général des prix en Europe et la réduction de l’écart entre le prix maximum et minimum, ce modèle commercial semble compromis.

«Nous aurons sans doute des difficultés de rentabilité au début, mais je reste confiant dans la très grande utilité de ce mode d’exploitation sur la durée de vie de ces équipements conçus pour 80 ans», rétorque Pierre-Alain Urech. Le stockage du surplus d’énergie photovoltaïque et éolienne allemande pourrra se faire en effet indirectement dans le barrage de l’Hongrin. 10 minutes, contre 60 aujourd’hui, suffiront pour passer du pompage au turbinage.

Pour permettre au public de découvrir cette «cathédrale souterraine», des portes ouvertes sont organisées dimanche 1er septembre. La visite est gratuite, avec une entrée offerte au château de Chillon également.

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