Des bénéfices à long terme «inestimables» et un sentiment d’«appartenance nationale» revivifié. En automne 2012, alors que le Conseil fédéral entrait en matière sur une garantie de découvert d’un milliard ainsi qu’une enveloppe de 30 millions de francs pour financer une candidature des Grisons aux Jeux olympiques 2022, la Suisse avait un ministre qui y croyait.

Alors chef du Département de la défense et des sports, Ueli Maurer avait fait campagne avec enthousiasme. A tel point qu’il avait fâché son parti, l’UDC. Pour des raisons de rigueur budgétaire et par crainte d’un désaveu populaire, la garde blochérienne avait même menacé de lui retirer le dossier des sports.

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La suite est connue. En mars 2013, par 52% des voix, le peuple grison refusait les jeux. En février de cette année, il boudait encore une candidature aux JO 2026. Ce refus a permis au projet lancé autour de la ville de Sion de recevoir le soutien de Swiss Olympic.

Les conditions de Parmelin

Ceci explique cela. Alors que le Conseil fédéral doit se prononcer, sans doute le 11 octobre prochain, sur la faisabilité du dossier Sion 2026 et ouvrir la porte à un engagement financier, le ministre de tutelle Guy Parmelin, comme l’ensemble du collège gouvernemental, fait preuve d’une prudence de Sioux.

Sollicité en marge d’une manifestation de l’armée jeudi dernier à Berthoud, l’UDC Guy Parmelin a refusé de répondre à chaud à nos questions sur Sion 2026. En août 2016, dans un entretien au Temps, il disait toutefois ceci: «A titre personnel, je serais très heureux qu’une candidature unique puisse aboutir avec un soutien populaire. C’est la condition à remplir. La procédure est pilotée par Swiss Olympic, la Confédération n’a donc pas à s’en mêler pour l’instant. Mais, sur le plan fédéral, une hypothèque a été levée: la population de Suisse orientale a renoncé à organiser une exposition nationale en 2027. Comme les JO en 2026, elle aurait dû être soutenue par la Confédération. Or, investir dans deux événements de cette envergure deux années de suite aurait été compliqué.»

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En matière de soutien populaire, la condition posée par Guy Parmelin reste pour l’heure un vœu pieux. A moins qu’elle ne soit intégrée dans une loi, une garantie de financement de la Confédération échapperait au référendum.

De son côté, l’association Sion 2026 n’exclut pas des votations dans des cantons et des villes. Elle estime toutefois qu’un ou plusieurs refus ne remettraient pas forcément en question l’organisation finale des jeux. «Nous avons des plans B selon les scénarios. Si, par hypothèse, le Valais devait dire non, ce serait toutefois très dérangeant», affirme Bernard Rüeger, vice-président de l’association Sion 2026.

La deuxième hypothèque que Guy Parmelin évoquait en 2016 reste elle aussi à lever. La Suisse orientale a certes renoncé à organiser la prochaine exposition nationale, mais, depuis lors, les dix plus grandes villes de Suisse se sont montrées intéressées à mettre sur pied une telle manifestation à l’horizon 2025-2030. Elle se heurterait alors frontalement aux JO.