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Le Conseil fédéral en 1998: Ruth Dreifuss, Jean-Pascal Delamuraz (jusqu'en mars), Arnold Koller, Adolf Ogi, Flavio Cotti, Pascal Couchepin (dès avril), Kaspar Villiger et Moritz Leuenberger.
© LUKAS LEHMANN/Keystone

20 ans

L'échotier et les sept Sages, une fable politique

Les journalistes politiques du «Temps» observent ceux qu’on appelle les sept Sages depuis vingt ans. L’occasion de mettre en vers quelques épisodes connus ou inédits de la vie de quelques-uns des 23 conseillers fédéraux de cette période

Le Temps a 20 ans. Pendant ces deux décennies, ses journalistes politiques ont suivi de près la vie du Conseil fédéral. Ils ont détecté les petits travers de ses membres – ils sont 23 à être passés par la case «gouvernement» depuis 1998 – et récolté quelques savoureuses anecdotes au sujet de ceux que l’on appelle les sept Sages. De Pascal Couchepin, élu tout juste une semaine avant la naissance du Temps, à Ignazio Cassis, voici vingt années d’activités et de turbulences.

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Il était une fois dans la grande capitale

Des magistrats de poids aux forces animales

De fortes têtes carrées et d’autres un peu moins

Mais toujours disposées à faire tout un tintouin

Lorsque les journalistes leur posent des questions

Parfois à l’improviste, ce qui les rend grognons


Il y a dans ma besace quelques beaux souvenirs

De rencontres salaces, d’accrocs à retenir

Avec ces bêtes d’Etat qui façonnent la Suisse

Des animaux alpha et d’autres un peu plus lisses

Hommes et femmes qui tous avec leurs petits tics

Un jour ou l’autre toussent face aux avis critiques

On se souvient d’Ogi et de son beau sapin

Roi des forêts d’ici, planté dans un pot teint

Ce sapin éternel qu’il tenait à la main

Devant un long tunnel où circulaient des trains

Légendaire, la séquence fit le tour des TV

Dotant cette verte essence d’une fraîche notoriété


Ogi le chatouilleux apprécia moyennement

Et plus tard, oublieux, il en voulut au Temps

Pour un édito vache qui l’avait écorné

Adolf Ogi, bravache, ne l’oublia jamais

Mais ne se souvenant guère qui l’avait donc écrit

A tous les reporters du Temps il s’en est pris


L’histoire du quotidien est étroitement liée

Au roi Pascal Couchepin… qu’on a d’abord raté

Le jour du couronnement, Le Temps n’existait pas

On narra l’événement en mode multimédia

Cette élection en ligne fit du Temps un pionnier

Ce fut un premier signe des prix qu’il a raflés


Mais revenons à Couchepin, qui fut roi au Palais

Bien plus que Parmelin bien des années après

Il régna sur la Suisse avec autorité

Vingt ans avant Cassis et sa latinité

Il fut pour sieur Blocher un authentique cauchemar

Et pour Leuenberger un parfait Jules César


Aussi face aux médias, il régna en leader

Télévision d’Etat, dit-il de SSR

Un jour dans son bureau, il leva le poing droit

Pour accueillir presto un reporter pantois

C’est bien ainsi qu’on fait, dit-il au journaliste,

Dans vos milieux laquais qui sont tous communistes

Toujours provocateur, Couchepin manque aujourd’hui

Il y eut d’autres hâbleurs, Blocher l’était aussi

Mais l’action de l’Etat fut bien plombée par lui

Ce n’est pas la cata s’il a pris la sortie

Et Micheline Calmy-Rey n’avait pas peur des chocs

Avec les échotiers toujours dans la provoc


L’affaire de la Libye restera son grand drame

C’était son alibi pour être une grande dame

Mais personne n’a compris ce qu’elle a voulu faire

En tentant d’exfiltrer deux hommes dans le désert

Elle en veut aux médias pour n’avoir pas saisi

Que son action d’Etat passait par ce pays


J’ai parlé de l’UDC qui a un grand problème

Elle n’est pas arrivée à entrer dans le système

Jamais ses candidats n’ont paru très solides

L’élection de Blocher s’est transformée en bide

Et celle de Maurer laissera un goût acide

A ceux et celles qui rêvent d’un gouvernement valide


Maurer est l’homme qui perd, qui ne gagne pas un vote

Son avion militaire n’est pas au fond de sa hotte

Et sa réforme fiscale s’est elle aussi crashée

Figure de carnaval, il peine à endosser

Le costume prestigieux du Conseil fédéral

Il est resté le dieu d’un parti médiéval


Quant à Guy Parmelin, on l’aime dans ses vignes

Il convainc un peu moins comme pilote de ligne

Il s’exprime souvent mal, a relevé Le Temps

Ses confusions verbales rendent son discours troublant

Un montage vidéo l’a peint en De Funès

Ce n’est pas rigolo, a-t-il dit de détresse

Un endroit où l’on se marre, c’est à l’Economie

L’homme qui est à la barre vient de la machine-outil

Johann Schneider-Ammann, car c’est de lui qu’on parle,

Austère comme un vieux moine, sérieux comme le prince Charles,

Il nous a fait sourire lorsqu’il a proclamé

Qu’en tous les cas le rire est bon pour la santé

Et de Doris Leuthard il me faut dire un mot

Sous ses airs de renarde, elle n’a pas de défaut

Ou plutôt si quand même: elle n’aime pas la critique

Elle le dit sans problème à celui qui la pique

Elle le dira sans fard et tout droit dans les yeux

Elle est sur le départ, elle nous manquera un peu

En images: l’année présidentielle de Doris Leuthard


Le nouveau président se nomme Alain Berset

Très strict et élégant, il rêve de succès

Mais la réalité en a fait un perdant

Le sort des retraités est toujours en suspens

Il soigne son image et veut être parfait

Mais il y a des orages qui ont de drôles d’effets


Il est venu un jour au sympa Chant du Gros

Concert de troubadours, folk, rock et électro

Il avait espéré passer incognito

Mais l’orage tonnait, la boue prit le tempo

Trempé jusqu’aux genoux il fut vite repéré

Alors des interviews il dut bien en donner


Cette fable politique n’évoque pas le nom

D’une figure tragique connue par son prénom

Je n’ai pas évoqué, vous l’aurez constaté,

J’ai laissé de côté, je le regrette bien,

Je ne fais pas mention d’Eveline Widmer-Schlumpf

Car, voyez-vous, son nom ne rime vraiment à rien

En guise de conclusion, permettez cet envoi

Oui, nos sept Sages sont des reines et des rois

Mais de tout temps, dit-on, ils n’en furent pas vraiment

Ils assument cette fonction juste le temps d’un moment

Ils vont, ils viennent, ils passent et font les importants

Sous le regard sagace de l’échotier du Temps.

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